Suivant la publication dans les colonnes de la presse dominicale des propositions budgétaires du secteur privé, Rashid Imrith, président de l’All Employees Confederation, lance une mise en garde au gouvernement concernant le paiement de la pension de vieillesse. « Nous mettons en garde le gouvernement. Il ne doit pas céder devant la pression des patrons, du FMI et de la Banque mondiale », a insisté le syndicaliste ce mardi.

Rashid Imrith fait part de ses inquiétudes devant le « lobby mené dans le mémoire budgétaire de Business Mauritius, le patron des patrons », lobby qui reflète, selon lui, la posture adoptée par le FMI et la Banque mondiale. « Ils demandent de payer la pension de vieillesse à l’âge de la retraite. En outre, le FMI et la BM avaient suggéré le ciblage pour le paiement de la pension, comme on a tenté de le faire à la veille des élections de 2005 », a expliqué le syndicaliste. Il a rappelé que le gouvernement avait appliqué le ciblage pour le paiement de la pension avec pour effet que ceux qui avaient des revenus supérieurs à Rs 20 000 étaient éliminés du système et déclarés non éligibles à la pension. Et cela « avait coûté très cher à Pravind Jugnauth lors des élections de 2005. »

Rashid Imrith demande également au gouvernement et aux partis de l’opposition de prendre position sur l’âge de la retraite. Il s’est insurgé contre la perception selon laquelle la pension de vieillesse est un « cadeau » du gouvernement. « Non, ce n’est pas un cadeau. C’est une pension contributive. Tout le monde paye la TVA à 1% et c’est cela qui finance la pension de vieillesse. Les fonds sortent aussi du Consolidated Fund. »

De plus, l’All Employees Confederation s’est élevée contre la tentative d’élimination des structures existantes pour la détermination des salaires dans le pays. « Zot pe remet an kestion komite tripartit, National Wage Consultative Council e bann kloz de Employment Relations Act, e la nou fer enn apel gouvernman. Soit il reste dans le camp des travailleurs, soit il écoute les patrons. »

Rashid Imrith a annoncé une campagne de mobilisation qui sera enclenchée le 1er mai à Saint-Jean avec une marche jusqu’à Belle Rose, qui réunira des syndicats et travailleurs. « Nous allons vers une confrontation si le gouvernement cède aux patrons », a-t-il souligné.

Il a également déploré l’embargo sur l’importation de limons de Rodrigues. « Le gouvernement a prétendu qu’il y a des chenilles sur les limons. Or, d’après le rapport du ministère de l’Agriculture, la chenille ne peut entrer en contact avec le limon, contrairement au maïs, etc. Il faut enlever cet embargo parce qu’il est en train d’étrangler les planteurs à Rodrigues. »

Par ailleurs, présentant le mémoire budgétaire soumis par l’All Employees Confederation, qui évoque notamment la distorsion salariale liée au salaire minimum et au National Minimum Revenue, Rashid Imrith a souligné que le gouvernement « doit payer tout de suite trois “increments” aux travailleurs de la fonction publique pour corriger ces distorsions. »

Concernant le rapport du Pay Research Bureau, il a dit qu’il « ne faut pas attendre octobre 2020 » pour le publier. « Il faut le publier en octobre prochain afin de l’appliquer dès janvier 2020. »