L’enquête en cours viendra peut-être expliquer comment les corps de pensionnaires de l’ashram de Calebasses se sont retrouvés sur le billard du SSR Medical Centre. Cette affaire scandaleuse met en lumière ceux qui meurent dans l’indifférence de leurs proches dans des maisons d’accueil spécialisées. Un sort réservé à bien des personnes âgées ou handicapées, qui vivent dans la solitude, le coeur rempli de tristesse. Trois pensionnaires du Couvent BPS de Belle-Rose témoignent.
Soba ne se souvient plus de son âge. Pour celle qui a passé toute sa vie au couvent depuis la mort de sa mère, les jours se suivent et se ressemblent. Ici, loin du monde, les préoccupations ne sont pas les mêmes. “Mo laz ? Bizin demann Maser ! Quand on passe toutes ses années au couvent, cela devient notre famille”, dit-elle pour se consoler.
De la famille, elle en a. La sienne habite un village du sud. Mais cela fait très longtemps que personne ne lui a rendu visite. “Zot pa mem vinn get mwa pou mo laniverser ! Comme toutes les autres, je suis triste de ne pas recevoir de visite, mais je m’y suis habituée. J’ai le coeur gros quand je vous raconte cela. Cela me fait penser à mon enfance : si ma maman n’était pas morte jeune, mo pa ti pou pas tou sa mizer la.”