Du fait du changement climatique, mais aussi de l’explosion démographique mondiale, les pénuries d’eau risquent de rapidement se multiplier à travers la planète. En première ligne, la Chine, où des solutions au problème de manque de ressources hydriques se fait de plus en plus pressantes.
Dès 1999, avant même de devenir Premier ministre de la Chine, Wen Jiabao avait prévenu que la pénurie d’eau représentait l’une des plus grandes menaces pour la “survie de la nation”. Seize ans plus tard, Wen Jiabao n’est plus chef du gouvernement mais la menace s’est faite plus pressante. La sécurité énergétique et alimentaire de la Chine est en jeu, et ses choix auront des conséquences sur la région, voire sur le monde entier.
Le problème des ressources hydriques de la Chine, inégalement distribuées, souvent polluées, a été mis en exergue cette semaine à Daegu, en Corée du Sud, à l’occasion du 7e Forum mondial de l’eau. Une Ong de Hong Kong, China Water Risk, souligne dans un rapport la complexité de l’équation à résoudre par Pékin face à des impératifs contradictoires : gestion des ressources en eau, production énergétique et changement climatique. “Il n’y a pas de solution unique au noeud eau/énergie/climat”, dit ce rapport. “Les choix énergétiques de la Chine ont des conséquences non seulement sur le changement climatique dans le monde mais aussi sur la disponibilité de l’eau en Asie”, ajoute l’Ong.
Compte tenu du contrôle exercé par la Chine sur l’amont de la plus grande partie des fleuves asiatiques, les risques d’assister à des “guerres de l’eau” ne sont pas à prendre à la légère, dit le rapport. Le vaste plateau tibétain contient peu ou prou les plus grandes réserves d’eau mondiales. C’est de là que partent les 10 plus grands systèmes fluviaux d’Asie, dont l’Indus, le Brahmapoutre et le Mékong. “Les responsables chinois commencent à dire que la sécurité de l’approvisionnement en eau est prioritaire”, dit l’auteure du rapport Debra Tan. “Sans eau, pas de sécurité énergétique et bien sûr, pas de sécurité alimentaire.”