2012 se veut une année de changement, ou de retour vers l’essentiel, pour la marche qui marque traditionnellement chaque 9 septembre chez nous. En effet, en marge de la procession jusqu’au tombeau du Père Laval, à Ste-Croix, le Diocèse de Port-Louis souhaite cette année « rendre à la marche son cachet spirituel et initiatique originel. De ce fait, nous lançons un appel aux pèlerins pour qu’ils résistent aux appels des marchands et distributeurs de ravitaillement pour que la procession reprenne son cachet de recueillement. » Dans le même souffle, cette année sera surtout symbolique car un buste du Père Laval, réalisé par un artiste italien, sera dévoilé et installé à la Cathédrale St Louis.
« Je me suis rendu compte, depuis quelques années, quand je suis allé marcher aux côtés des pèlerins, que la marche était devenu un véritable bazar ! » Fidèle à lui-même, le vicaire général, Jean-Maurice Labour, ne mâche pas ses mots : « Tout le long de la procession, des pèlerins sont interpellés par tantôt des marchands ambulants qui offrent toutes sortes de produits, allant jusqu’au “medsinn lera” et tantôt par des distributeurs de ravitaillement qui proposent entre autres faratas et jus gratuitement. » De ce fait, « cette année, on dit “non”. On n’impose, bien sûr, rien aux pèlerins, on peut comprendre que certains, qui sortent de très loin, aient faim ou soif. Mais on leur propose de restituer au pèlerinage le cachet spirituel et initiatique qu’il devrait avoir. »
De ce fait, poursuit le père Jean-Maurice Labour, « nous demandons à tous, qu’ils soient pèlerins ou marchands ambulants et autres, un petit effort. Que ceux qui veulent aller manger un farata le fassent, mais pas sur le tracé officiel de la marche. Empruntez les rues parallèles et avoisinantes pour faire cela. » Mieux encore, propose le Diocèse, « nous souhaitons que les marcheurs prennent comme point de ralliement des processions la Cathédrale. Avant de commencer à marcher, ils peuvent ainsi se restaurer. De ce fait, ils n’auront durant la marche  que leur bouteille d’eau en leur possession, ce qui favorisera le recueillement, l’espace de spiritualité et de partage que nous voulons donner à l’événement cette année. »
Ce qui amène l’Évêché à poursuivre sur cette lancée : « Nous proposons ainsi une marche en trois étapes. Le premier kilomètre sera ponctué par des prières qui seront dites par différentes paroisses. Le deuxième kilomètre est placé sous le signe du partage et du dialogue. Comme on le sait, des Mauriciens et aussi des étrangers de diverses confessions participent à cette marche. Ce sera le moment, comme l’a toujours prôné le Père Laval, d’aller vers l’autre, d’apprendre à le connaître et de partager nos savoirs et richesses. Le dernier kilomètre doit être réalisé en silence. Nous sommes bien évidemment conscients que tout le monde n’observera pas cette consigne. Mais on recommande quand même au plus grand nombre de le faire. Ainsi, nous voudrions que ce soit dans le silence le plus total, le recueillement le plus intense, que toute la foule fasse son entrée au caveau à l’issue de la marche, ce samedi 8 septembre. »
Mgr Piat a pour sa part rappelé que « non seulement des Mauriciens de fois diverses participent à cet événement, mais aussi des personnes venant de l’île de La Réunion et de Madagascar. Cette année, nous avons également la présence d’une délégation spéciale d’Italie avec les Mauriciens et l’artiste qui a réalisé le buste. » De plus, a rappelé le père Labour, « nous travaillons, depuis quelques années, en étroite collaboration avec le ministère du Tourisme. Il existe un véritable potentiel de tourisme culturel et religieux. Et cette année encore, en marge de la marche du 9 septembre, nous avons réalisé un certain travail à ce niveau auprès des prestataires de service. »