Faire le point sur la situation d’élevage d’huîtres à Maurice, la perliculture, tel est le but d’un atelier de travail qui a démarré hier matin à La Cannelle au Domaine Les Pailles et qui s’achèvera ce jeudi. Organisé à l’initiative du Mauritius Oceanography Institute (MOI), l’atelier a aussi pour but de favoriser le transfert de technologies en vue de relancer la greffe de perles.
L’ouverture de l’atelier de travail a eu lieu ce matin en présence du conseiller politique YU Jiang de l’ambassade de Chine à Maurice et de l’Officer-in-Charge du MOI, Daniel Marie. Pendant trois jours, des experts en perliculture de la Third Institute of Oceanograpghy State Oceanic Administration de Chine feront des présentations sur divers thèmes, dont la perliculture en Chine, l’élevage d’huîtres, la greffe perlière et la mise sur pied en mer d’une ferme d’aquaculture pour les huîtres. L’atelier de travail, d’une part, servira de base pour le transfert de technologies, la formation, l’échange de connaissances entre les scientifiques de Maurice et de Chine et un soutien à l’industrie d’aquaculture locale et, d’autre part, pour accroître le savoir-faire technique des parties concernées.
Des séances pratiques à l’Albion Fisheries Research Centre sont aussi prévues. Les participants se rendront ainsi au laboratoire pour l’implantation d’objets à l’intérieur de la coquille des huîtres. C’est la première fois à Maurice que la greffe des huîtres perlières mauriciennes sera effectuée afin qu’elles produisent des perles.
Les perles sont de petites billes, généralement de couleur blanche, fabriquées par certains mollusques, principalement les huîtres. Quand un objet irritant passe à l’intérieur de la coquille, l’animal réagit en entourant l’objet d’une couche de carbonate de calcium sous la forme d’aragonite ou de calcite. Ce mélange est appelé nacre. La production des perles est une entreprise fructueuse pour les communautés côtières. La perliculture peut se pratiquer dans des fermes perlières familiales de petite taille et offre un large éventail de débouchés professionnels aux personnes souhaitant travailler dans la filière : production de nacre, de demi-perles ou de perles rondes ou simplement collecte des naissains dans le milieu naturel afin de les revendre aux fermes perlières.
Une fois l’opération de greffe réalisée, les mollusques sont ramenés dans leur milieu naturel, en mer pour les perles d’eau salée et en lac pour les perles d’eau douce. Le perliculteur partagera son temps entre la surveillance de ces mollusques greffés et la répétition des opérations de greffe ainsi que la récolte des perles produites. Il faudra deux ans pour que les mollusques produisent des perles à des fins commerciales. Durant cette période, les mollusques peuvent vivre et produire des perles, mais peuvent aussi mourir ou éjecter la greffe. Une fois la récolte effectuée, les perles sont triées en fonction de la couleur, la qualité et la taille.
Le MOI entreprend des recherches sur divers aspects de ressources marines vivantes pour le développement de la pêche marine locale. Une série d’investigations ont été entreprises par rapport à la perliculture depuis ces dernières années et des progrès significatifs ont été accomplis dans ce domaine, observe-t-on.