La promulgation de la Road Traffic Act à travers le permis à points, qui ne ferait pas l’unanimité dans le secteur du transport, a été au coeur des débats hier au centre social Marie Reine de la Paix à Port-Louis. Plus d’une centaine d’employés du transport du Front commun des syndicats du transport (FCST) se sont réunis pour passer en revue la situation. Parmi les mesures adoptées, la demande d’une rencontre avec le Premier ministre Navin Ramgoolam pour discuter des « inconvénients » de cette loi et la tenue des rassemblements régionaux dans diverses régions du pays. En cas de non-négociation, l’on envisage « la désobéissance civile ».
« Ce que nous reprochons particulièrement à cette loi c’est qu’elle n’émet aucune réserve pour les employés du transport. Le nombre de points destiné à cette catégorie de chauffeurs ne diffère pas de ceux qui ont une voiture de maître. C’est une injustice flagrante pour la classe des travailleurs de ce secteur », disent les membres du FCST. Pour eux, cette situation entraînerait un chaos social, avec la perte d’emploi pour ceux exerçant dans ce secteur si jamais ils sont sanctionnés. Ils reprochent à Anil Bachoo, ministre des Infrastructures publiques et du Transport intérieur, un manque de dialogue entre parties concernées.
Avec l’approbation du permis à points, les employés du secteur du transport se retrouvent dans une situation délicate. Bien que n’étant pas encore promulguée, cette nouvelle mesure comporte pour un grand nombre de chauffeurs employés de « nombreux inconvénients ». Les membres du FCST indiquent que l’adoption du permis à points ne contribuera pas à la baisse d’accidents sur nos routes. Selon Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC) – auquel est affilié le FCST –, « le gouvernement prônerait la répression au lieu de la prévention ». D’ailleurs, il explique que les données statistiques ne prouvent pas que le nombre d’accidents occasionnés à Maurice serait dû à l’excès de vitesse. Il soutient que le mauvais état des routes et le grand nombre de humps et de feux de signalisation en seraient les principaux responsables bien que d’autres facteurs entreraient en jeu.
Pour Haniff Peerun et la centaine d’employés de l’industrie du transport réunis hier à Port-Louis, une table ronde doit être de mise afin de discuter des « lacunes » que comporte le permis à points. Ils ont débattu pendant presque deux heures sur les nombreuses décisions à prendre en vue de « désamorcer la situation ». Parmi les mesures envisagées : une rencontre avec le Premier ministre Navin Ramgoolam afin de lui exposer leurs griefs. Une lettre dans cette optique a été déposée au bureau de ce dernier hier, en début d’après-midi. Cette correspondance fait également mention du « laxisme » d’Anil Bachoo qui a été interpellé à ce sujet par le FCST depuis 2008. Outre l’organisation des rassemblements régionaux dans diverses régions pour alerter l’opinion publique, le front commun propose en cas de non-négociation, « la désobéissance civile » afin d’alerter les autorités compétentes sur la situation.
Ces décisions prises à l’unanimité seront adoptées dans un mois si rien de concret n’est réalisé afin d’améliorer la situation ou encore pour entamer des discussions. D’ailleurs, le permis à points représente pour le FCST, un nouveau moyen de corruption « parski bann sofer pa pou anvi trouv zot lisans sote an ka dinfrasksion ek sertin polisie pou tante pou less zot berne par bann la ». Pour le front commun, la table ronde impliquant tous les stakeholders doit être de mise afin de trouver les mesures adéquates dans ce contexte.
« Bann ti dimounn ki o ba de lechelle ki pou perdan. Bann touris ki pou loue loto pa pou inkiete par sa laloi la zot ek ankor mwin par politisien », dit-on du côté du MLC.C’est pourquoi le FCST réclame l’intervention du Premier ministre sur le dossier. Rappelons qu’ils étaient plus d’une cinquantaine à entamer une marche hier dans la capitale. Bien que cette démarche des employés des compagnies d’autobus était purement impromptue, elle n’a pas laissé insensible le public.
Le permis à points prévoit que chaque conducteur bénéficie d’une banque de 15 unités d’infraction (15 points épuisables) à mesure que les infractions sont commises. 19 infractions, allant de l’usage du téléphone portable à la conduite dangereuse, ont été ciblées et tablées selon un barème allant de deux à dix points. L’excès de vitesse de plus de 50 km/h coûtera six à huit points.