La plainte logée par l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam, jugeant « anticonstitutionnelles » les perquisitions faites à ses résidences en février dernier, a été appelée hier devant le Deputy Master and Registrar de la Cour suprême, Shameem Hamuth-Laulloo. Les défendeurs, représentés par Me Kritanand Reddy, State Counsel, avaient auparavant objecté à toutes mentions de « menaces » de sir Anerood Jugnauth pendant les dernières élections générales, dans la plainte de l’ex-PM. Toutefois, lors de la séance d’hier, les défendeurs sont revenus sur leur décision.
L’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam avait été arrêté le 6 février dernier après que ses résidences eurent été perquisitionnées. Dans une plainte logée en Cour suprême en avril, le leader du PTr soutient que son arrestation est due à une vendetta politique. Lors des élections générales, soutient-il, SAJ avait déclaré « si mo pa mett Navin andan mo sanz mo nom » si l’Alliance Lepep venait à remporter les élections. Dans sa plainte, Navin Ramgoolam s’attaque à l’État, au commissaire de police, à trois officiers du Central Criminal Investigation Department (CCID), les sergents Ramdoo et Seebaruth et le constable Veder, ainsi qu’à trois magistrats de district, Shavina Jugnauth-Chuttur, Kadampanavasini Sockalingum-Juwaheer et Shefali Gannoo. Il demande de plus à ce que tous ses biens saisis chez lui, y compris les Rs 220 millions, lui soient restitués. L’ex-PM réclame par ailleurs une roupie symbolique aux défendeurs pour les dommages et le préjudice subis.
Les défendeurs contestaient le fait que la partie adverse fasse référence à des « menaces » de SAJ à l’encontre de Navin Ramgoolam lors des élections générales. Cependant, l’Acting Principal State Counsel, Me Kritanand Reddy, a déclaré qu’il n’avait aucune objection à ce que cette référence à des « menaces » fasse partie de la plainte.
Navin Ramgoolam, dans sa plainte, soutient que ses droits constitutionnels ont été bafoués à l’instant où les officiers de police ont obtenu un mandat de perquisition en Cour. Selon lui, les magistrats ont accordé le mandat de perquisition sans s’assurer que ses droits ont été respectés. Les six mandats de perquisition obtenus pour fouiller ses résidences, dit-il, sont « injustes, illégaux et anticonstitutionnels ». Navin Ramgoolam est représenté par Sir Hamid Moollan, QC, Me Gavin Glover, SC et Me Shawkat Oozeer.