Le défilé des personnalités au QG du Central CID se poursuit. Ce matin, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, s’y est rendu pour le follow-up de sa déposition en guise de Precautionary Measure suite à des menaces à sa sécurité. D’autre part, la directrice de communications, porte-parole et parlementaire travailliste, Nita Deerpalsing, attend toujours que son rendez-vous pour interrogatoire Under Warning soit fixé par les limiers du Central CID avant de s’y rendre.
Dans la matinée, Pravind Jugnauth a été reçu par l’assistant-commissaire de police, l’ACP Pregassen Vudamalay, accompagné du surintendant Yashdev Callee. Ce déplacement fait suite à la déposition consignée par mesure de précaution au sujet des menaces à sa sécurité suite à des dénonciations ciblées lors de son interrogatoire-marathon de 16 heures du jeudi 3 janvier.
Les échanges de ce matin ont porté sur des options en vue d’assurer la sécurité de Pravind Jugnauth par des officiers de police.
« Cette proposition m’a été formulée par la police. Nous sommes encore au stade de consultations sur les modalités et aucune décision n’a été encore prise », a déclaré Pravind Jugnauth au Mauricien à sa sortie des Casernes centrales. Des noms d’officiers de police susceptibles d’être affectés à la sécurité du leader du MSM lors de ses déplacements ont été échangés ce matin en vue d’une décision à être entérinée dans les jours à venir.
Au cours de la semaine dernière, Pravind Jugnauth s’était rendu au Central CID pour faire état d’« informations troublantes de sources fiables à l’effet qu’il existe de sérieuses menaces à sa sécurité ». Force est de constater que les développements de ce matin prennent à contre-pied les récents commentaires politiques du président du Labour, Patrick Assirvaden, à ce même sujet.
Un autre volet d’intérêt particulier au Central CID depuis bientôt sept semaines demeure la convocation pour interrogatoire de Nita Deerpalsing après la déposition de l’ancien président de la République, sir Anerood Jugnauth, pour diffamation criminelle. À ce matin, la date pour l’assignation de la directrice de communications n’avait pas encore été décidée même s’il devient de plus en plus inéluctable que le Central CID pourra difficilement occulter cette étape de l’enquête.
L’une des raisons avancées pour justifier le délai dans l’interrogatoire de Nita Deerpalsing est que les enquêteurs de la police n’ont pas encore terminé la tournée des salles de rédaction en vue d’enregistrer la version des faits des journalistes, qui avaient assisté à ce point de presse du Labour en date du 1er décembre dernier. Pourtant, samedi, Nita Deerpalsing avait soutenu qu’elle était disposée à se faire entendre par la police dans cette affaire.
Mais à 14 heures, des membres de la police de Navin Ramgoolam ont débarqué dans les bureaux de Le Mauricien pour interroger Under Warning le directeur,    Jacques Rivet, au sujet de la couverture du point de presse de Nita Deerpalsing à ce sujet dans Week-End. A un certain moment, l’un des policiers devait même faire ressortir que « nous avons des instructions To Charge you under publishing false news » pour un article publié dans l’édition de Week-End du  2 décembre dernier.
La direction de Le Mauricien a protesté énergiquement auprès de la police contre un abus de procédures alors que la principale concernée Nita Deerpalsing n’a même pas été entendue jusqu’ici. Sur ce, les policiers devaient se retirer des bureaux de Le Mauricien après une demande pour prendre contact avec les conseils légaux du groupe.
De son côté, Cehl Meeah, qui a réclamé l’arrestation de Nita Deerpalsing, a rejeté les allégations à l’effet qu’il aurait eu au moins 13 rencontres avec sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger avant de dénoncer les présumés dessous d’un transfert de Rs 25 millions pour le compte de la bande à Gros Dereck. Sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger ont nié toute rencontre avec le leader du FSM.