L’ancien président de la République, Cassam Uteem, nommé envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon au Burundi, a donné, hier, le coup d’envoi de sa mission à haut risque en prévision de la tenue d’une série de cinq élections dans ce pays d’Afrique. Toutefois, le démarrage des travaux Mission d’observation électorale des Nations unies au Burundi (MENUB) ne s’est pas fait dans le consensus entre les différentes forces politiques, le gouvernement de ce pays ayant boycotté les travaux de cette instance des Nations unies en raison de divergences de vues sur les attributions de cette mission.
Conscient de l’enjeu du mandat que lui a confié le secrétaire général des Nations unies, Cassam Uteem prône l’ouverture d’un dialogue élargi en vue de trouver des solutions aux problèmes qui se poseront sur la voie de ces élections allant du mois de mai à septembre de cette année. Intervenant lors d’une cérémonie officielle à Bujumbura, hier, il a lancé un appel au dialogue et à l’esprit d’ouverture des stakeholders dans la conjoncture. Il a partagé son optimisme en vue de régler les différends qui pourraient surgir en cours de route. « Dialogue can open the way for compromise and help lead to solutions for even the most difficult of problems », a-t-il fait comprendre d’entrée de jeu, alors que le Burundi aborde un tournant décisif pour un retour à la démocratie.
« We would also encourage the Government to continue the dialogue begun in March 2013 and reassure all those who wish to take part in the electoral process that they will face no obstacles », a poursuivi Cassam Uteem, selon un compte rendu accessible sur le site internet du UN News Centre. Il n’a pas manqué de souligner l’importance des organismes tels que la Commission électorale du Burundi (CENI) dans la crédibilité de l’exercice démocratique en cours. Il a exprimé le voeu que tous les partis politiques contestant les cinq différents scrutins, dont les élections présidentielles et législatives, respectent le verdict des urnes.
Cassam Uteem a mis l’accent sur l’importance de ces consultations populaires et l’urgence de la transparence des différents processus. « Elections are being held at a crucial time in the history of Burundi. It is all our duty to ensure they happen in a transparent and peaceful manner », a-t-il dit lors de la cérémonie d’hier en présence des représentants des partis politiques et des ambassadeurs en poste à Bujumbura.
Justifiant l’absence des représentants du gouvernement en place à cette séance solennelle, marquant la prise de fonction du MENUB, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Burundi, Daniel Kabuto, a fait état de « problèmes techniques au sujet du rôle exact de cette mission des Nations unies ». Le gouvernement du Burundi conteste les prérogatives de la mission Uteem en vue de vérifier les résultats des élections.
« We asked for an election observation mission, not for a validation of the elections. For the government, the validation of elections is the prerogative of CENI, it’s very clear, there cannot be any debate about that », devait s’appesantir le porte-parole du gouvernement du Burundi à l’AFP après le boycott des travaux d’hier.
Le communiqué publié sur le site des Nations unies ajoute que « the Mission is in Burundi to help ease the country towards a long-standing peace based on a legitimate democratic process ». Cassam Uteem souhaite que la communauté internationale apporte sa contribution au peuple du Burundi « so the country may decisively turn towards peace and spend most of its resources on the only battle that needs to be fought – that of development and the eradication of poverty ».