Mettre à la disposition des Mauriciens vivant avec un handicap physique des équipements de réhabilitation de dernière technologie, tel est le souhait de la Global Rainbow Foundation (GRF). Le président, Armoogum Parsuramen, revient d’un voyage à Pékin, où il a été invité par le gouvernement chinois à visiter le très réputé National Research Centre for Rehabilitation Technical Aids (NRRA). Celui-ci, par le biais de son directeur, Wang Xitai, visitera Maurice d’ici la fin de l’année en vue d’étudier les diverses possibilités de collaboration entre les deux pays dans le domaine de la réhabilitation des handicapés physiques. Les deux parties étudieront également la possibilité d’importer et d’assembler des équipements de haute technologie à Maurice pour ensuite les faire bénéficier aux pays d’Afrique. Dans un deuxième temps, il sera question de l’ouverture d’une branche du NRRA à Maurice.
« Nous avons déjà une collaboration étroite avec l’Inde et comme la Chine est un pays ami avec lequel Maurice entretient de bonnes relations, elle s’est montrée prête à partager avec les pays en développement les dernières technologies en matière d’équipements pour personnes présentant des problèmes physiques », explique le Pr Parsuramen. Suite à deux forums Chine/Afrique auxquels il a assisté sur l’invitation du gouvernement chinois en 2013 et 2014, le président de la GRF prend connaissance de la disponibilité de la Chine en matière d’aide aux pays moins développés. « Leur philosophie est qu’eux-mêmes ayant été sous-développés dans le passé, ils sont aujourd’hui prêts à partager leurs technologies à ces pays. Et, moi, j’ai décidé d’orienter cette collaboration dans le domaine du handicap ». Avec le soutien de l’ambassadeur de Chine à Maurice, M. Li Li, Armoogum Parsuramen a ainsi eu l’opportunité de visiter le NRRA, dont le bâtiment s’étend sur une superficie de 26 650 m2…
Selon M. Parsuramen, « de nombreux tests sont effectués sur les équipements avant qu’ils ne soient mis sur le marché. Beaucoup auraient parfois tendance à ne pas faire confiance aux produits de Chine mais ici, il s’agit vraiment de produits de qualité qui se plient aux normes internationales. Cela m’a permis de constater à quel point les technologies sont avancées en Chine ». Parmi ces produits, un lit pouvant se plier en plusieurs parties pour se transformer en fauteuil ou relevant légèrement la partie supérieure de la personne selon ses besoins. Ou encore, une chaise longue motorisée avec ceintures pouvant transporter la personne dans une baignoire pour son bain sans avoir à la soulever, un lit relié à un ordinateur qui permet de détecter des anomalies chez la personne qui y est allongée… « Les prix de ces équipements sont très compétitifs », soutient M. Parsuramen.
Formation chinoise pour les sans-emploi
La NRRA, ajoute le président de la GRF, dispose d’un hôpital juste à côté. Est également affiliée à la NRRA, la compagnie Jingbo, qui fabrique des fauteuils roulants modernes. L’ancien directeur de l’Unesco a par ailleurs eu l’occasion de visiter la grande compagnie nationale s’occupant de la formation des handicapés, soit la China Disabled Persons’Federation. « J’ai parlé longuement avec eux et le vice-président est d’accord pour collaborer avec la GRF en assurant la formation des handicapés sans-emploi de Maurice. Ils m’ont fait visiter un grand hôpital de massage où travaillent 70 médecins non-voyants aux techniques impressionnantes. Ceux-ci traitent quelque 2 000 patients par jour. J’ai profité pour inviter un médecin non-voyant à venir à Maurice afin de promouvoir la médecine traditionnelle chinoise. Cet hôpital se dit prêt à former des Mauriciens non-voyants dans ce domaine en Chine ».
D’autres échanges pourraient être réalisés, affirme Armoogum Parsuramen, avec la China Art Troup, qui comprend des artistes non-voyants aux numéros époustouflants. Il est fort probable qu’ils visitent le pays une deuxième fois après une première visite en 2010.
« Le but des démarches que j’entreprends est d’aider Maurice à bénéficier de l’expertise chinoise dans le domaine du handicap. La NRRA est d’accord pour nous offrir des prix très compétitifs parce que leur but n’est pas de faire du business. Ils ont une vocation. Des produits similaires pourraient s’avérer quatre à cinq fois plus coûteux dans d’autres pays », précise le président de la GRF.