La Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) s’attend à ce que le taux de croissance économique s’élève cette année à 3,7 % par rapport à 3,5 % en 2015. Présentant ses analyses lors d’une conférence de presse ce matin, la MCCI entrevoit une amélioration des indicateurs macro-économiques cette année, estimant que le taux de chômage devrait continuer de baisser pour atteindre 7,5 % contre 7,8 % en 2014 alors que le taux d’inflation, même s’il passait de 3,2 % à 3,8 %, est jugé raisonnable pour un pays émergent.
La MCCI est d’avis que cette meilleure perspective pour l’économie mauricienne est expliquée par trois facteurs majeurs : une conjoncture internationale qui s’améliore, en particulier pour les pays développés. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévu une amélioration de la situation économique dans les principaux pays avancés, dont l’Union européenne et les États-Unis qui constituent nos plus gros marchés. Ce développement devrait favoriser la demande extérieure. La MCCI pense que le réajustement de la politique des changes entamé depuis le début de l’année, se révélera favorable à la compétitivité de nos produits et à la solde courante au niveau de notre commerce extérieur. Elle considère, par ailleurs, que la politique de relance annoncée depuis la fin de l’année dernière avec la hausse des pensions devrait doper la demande interne qui est la principale composante de notre croissance économique.
Cependant, la MCCI relève que le potentiel de production à Maurice demeure assez faible en 2015, soit autour de 3,6 %. Cette situation, précise-t-elle, est attribuable à deux facteurs importants : la durée et l’intensité de la crise globale et la politique des changes contre-cyclique (roupie forte) suivie entre 2010 et 2014. La Chambre est d’opinion que Maurice a la capacité de franchir la barre symbolique de 4 % de croissance économique et que ce franchissement peut intervenir dès cette année à condition toutefois que des mesures concrètes soient prises pour donner l’impulsion nécessaire aux investissements, tant publics que privés, au cours des six prochains mois.
« Nos estimations projettent pour 2015 un écart de production positif de 0,2 % et un taux de croissance potentiel de 3,6 %. Cela implique que l’écart de production a été résorbé et que le taux de croissance effectif sera supérieur au taux potentiel, impliquant que notre économie est en train de retrouver son dynamisme. Néanmoins, nous ne pouvons négliger la continuité de la faiblesse de notre potentiel de production. En effet, une économie en transition, comme la nôtre, devrait envisager un taux de croissance potentiel supérieur à 5 %, pour pouvoir franchir un nouveau palier de développement », fait ressortir le Dr Renganaden Padayachy, responsable de la division économique de la MCCI.
Pour ce qui est du chômage, la MCCI relève que depuis 2014, il y a eu une légère baisse dans le sillage de la hausse du taux de croissance économique et d’une politique publique d’aide à l’emploi et de la formation. Pour 2015 également, considérant que le taux de croissance économique va légèrement augmenter et que les politiques publiques d’aide à l’emploi et à la formation sont maintenues, on anticipe un nouveau repli du chômage à 7,5 % contre 7,8 % l’année dernière.
Passant en revue la situation sectorielle, la MCCI indique qu’elle prévoit un taux de croissance de 3 % pour le secteur manufacturier, ajoutant que cette performance « découlera en partie du rééquilibrage de la politique de change, du maintien d’un taux de productivité du capital élevé et aussi de l’amélioration des perspectives pour nos principaux marchés, à savoir les pays avancés. » Elle prévient qu’il est urgent de revoir le niveau des investissements dans ce secteur si l’on veut assurer son développement soutenu. S’agissant du secteur du commerce, la MCCI table sur un taux de croissance effectif de 3 % en 2015 et met encore une fois en garde contre la baisse des investissements qui limitera la capacité de ce rebond de ce secteur au moment d’une reprise économique plus forte.
Pour le secteur financier, le taux de croissance estimé est de 5 %. Ce secteur, indique la Chambre, a continué ces dernières années à enregistrer « des performances remarquables malgré la persistance de la crise qui a fait tomber bon nombre d’institutions financières à travers le monde. » Elle ajoute que les risques demeurent, au niveau local aussi bien qu’international, avec certaines activités néfastes à ce secteur. Quant au secteur touristique, son taux de croissance devrait se maintenir sur une courbe ascendante : 5,5 % en 2015 contre 4,1 % en 2014.
En revanche, l’industrie de la construction pourrait subir une nouvelle contraction de 4 %. Vu le retard dans l’exécution de gros projets. La MCCI conclut son bilan sectoriel en projetant un taux de 7 % pour le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), ajoutant que celui-ci serait le plus dynamique cette année.