Le ministère de la Santé et une équipe de l’Anti Drug and Smuggling Unit ont saisi hier une trentaine de variétés de pesticides et d’herbicides à Dubreuil qui compte beaucoup de planteurs. Deux personnes ne détenant pas de permis pour la vente de ces produits chimiques ont été interpellées. Les normes environnementales en vigueur n’étaient pas respectées, ce qui représentait de réels risques de toxicité et d’explosion, fait ressortir au Mauricien Rajensing Seebaluck, Deputy Chief Health Inspector au ministère de la Santé.
« C’est la première fois qu’on réalise une opération de cette envergure concernant les pesticides », affirme Rajensing Seebaluck, Deputy Chief Health Inspector du ministère de la Santé. Mis au parfum de cette vente illégale, le ministère est passé à l’action.
« Pour vendre ces produits chimiques, il faut un permis délivré par le ministère sous les critères suivants : un bâtiment convenable avec un système correct de ventilation et d’aération. Il est aussi nécessaire d’avoir un point d’eau pour manipuler ces substances chimiques », souligne Rajensing Seebaluck. Par ailleurs, poursuit le Deputy Chief Health Inspector, « le stockage des produits chimiques doit se conformer aux normes en vigueur car si les pesticides et herbicides sont mal stockés, ils peuvent donner lieu à une réaction chimique avec le risque d’émanation de gaz qui peut être toxique, voire mortelle ».
Or, les pesticides saisis se vendaient dans les maisons des contrevenants. « L’un d’eux les avait même stockés dans un container. Il n’y avait pas de point d’eau. De plus, les habitations se trouvant dans une cité ne sont pas loin l’une de l’autre. Le risque de propagation d’incendie est réel. Le risque potentiel d’un danger existait. »
Avant même d’atteindre les maisons des contrevenants hier, selon Rajensing Seebaluck, on pouvait sentir une forte odeur chimique à distance. Le Deputy Chief Health Inspector rappelle l’incendie qui avait éclaté à Flacq au début des années 2000 dans un bâtiment où étaient stockés des pesticides. « Il y avait eu mort d’homme et de sérieux dégâts dans le bâtiment. »
Selon Rajensing Seebaluck, le ministère de la Santé dispose d’une liste de produits chimiques pouvant être mis en vente et d’autres qui sont prohibés et qui sont connus comme les POP (Persistent Organic Pollutants). Avant leur destruction, les pesticides et herbicides saisis seront examinés en vue de déterminer s’ils contiennent des POP ou autres substances prohibées.
La saisie d’hier a été réalisée avec le concours de la Communicable Diseases Control Unit (CDCU) de Beau-Bassin et de l’Adsu. Le ministère de la Santé, qui attaquera en justice les contrevenants, attend un ordre de la cour pour détruire les produits chimiques confisqués.
S’agissant de l’utilisation des pesticides par les planteurs, Rajensing Seebaluck émet la possibilité que « certains en répandent sur les légumes sans respecter le délai entre le jour où ils ont mis les pesticides et le jour de récolte. Est-ce qu’ils sont en train de respecter le dosage voulu et l’emploi ? » Mais de rassurer quelque peu : « Au ministère, nous prenons des échantillons de légumes dans divers points de l’île pour examiner le taux de pesticides. »