Ce sont une dizaine boulistes remontés que Week-End a rencontré vendredi au Centre Marie Reine de La Paix. Ces derniers, lors d’un point de presse, ont fait part de leurs désaccords par rapport au fait que Radhakrishansing Rajkoomar prend, une fois de plus, la tête de la présidence de l’Association de pétanque de l’île Maurice (APIM). Pour cause : ils n’adhèrent pas à la « politique de petit copain » et de « dictature » dont ferait preuve le président. Qui plus est, selon eux, les élections du 22 avril ne se sont pas déroulées en bonne et due forme, car « il y a eu un manque total de transparence ». D’après eux : « Il n’y a pas eu d’élection avec seulement 11 candidats. Un représentant dans chaque comité régional a été choisi alors que celui-ci est fantomatique ».
Agacés par cette situation « malsaine », les frondeurs avancent qu’ils sont venus « dire tout haut ce que 1 000 boulistes licenciés à l’APIM pensent tout bas, de peur qu’ils soient suspendus ». Ils demandent au ministère de la Jeunesse et des Sports d’intervenir au plus vite et de dissoudre le comité exécutif de l’APIM pour mettre en place un caretaker committee, et ce dans le but de préparer de nouvelles élections à tous les niveaux au sein de l’APIM. « La progression et la justice pour tous. C’est tout ce que nous réclamons », affirme Marco Alphonse, secrétaire du Mahébourg Everton Pétanque Club et l’un des porte-parole des contestataires, qui était aux côtés de Christian Mirete, président de l’Union Pétanque de Vacoas, et Farook Somally, du Mayflower Sports Club de Moka.
« Cela fait 20 ans que Radhakrishansing Rajkoomar dirige la fédération en magouillant. Il n’a pas le droit d’occuper ce poste, car il est le conseiller du village de Souillac. C’est contre la Sports Act », dénonce Marco Alphonse, secrétaire. « Cela fait plus de six ans que nous alertons le ministère de la Jeunesse des Sports. Personne n’a levé le petit doigt jusqu’à présent. Ce sont les boulistes qui doivent entamer des actions légales à leur frais pour que justice soit faite ».
Cet habitant de Mahébourg dénonce aussi le cas d’autres membres du comité exécutif de l’APIM, qui bénéficient de billets d’avion au nom de la fédération. Il évoque aussi le fait que les frais de participation sont passés de Rs 300 à Rs 600 par équipe, que les licences des joueurs ont augmenté de Rs 200 à Rs 300 et que le calendrier d’activités se répète chaque année. « Ils font du copier-coller depuis plusieurs années. Seules les dates changent. Il n’y a aucune mention pour les jeunes, ni pour les vétérans », relèvent les dénonciateurs. Ils ajoutent : « Les comptes de la fédération ne sont jamais donnés aux clubs members de l’APIM. À savoir qu’avec les frais de participations des boulistes aux compétitions, les paiements des licences et les soutiens des sponsors ainsi que la dotation du budget, on tourne à peu près dans les Rs 1.4 million ».
En septembre 2016, une plainte avait été déposée au Tribunal d’Arbitrage du Sport (TAS) contre Radhakrishansing Rajkoomar et Prem Boudena, alors secrétaire de l’APIM, pour abus de pouvoir. Ces derniers s’étaient vus dans l’obligation de soumettre leur démission.
Mais cela n’a pas empêché Radhakrishansing Rajkoomar de « présider une réunion de la fédération le 14 décembre 2016 au siège de la fédération à Curepipe », relatent les protestataires. Et de poursuivre : « Cela ne l’a pas empêché non plus de revenir aux commandes de l’association de pétanque alors qu’il n’en avait pas le droit ».
Les autres membres « étaient bel et bien au courant », fait ressortir Farook Somally. « Je suis un passionné de pétanque. Le président Rajkoomar m’a empêché de jouer les compétitions nationales sans raison valable. Pourtant, je m’étais qualifié lors des régionales. Jusqu’à ce jour, il ne peut pas me donner la réponse. Ça me blesse profondément. Ceux qui ne marchent pas avec lui sont systématiquement boycottés », relate-t-il.
Christian Mirete, de son côté, a tenu à démentir les allégations portées à son égard par Radhakrishansing Rajkoomar lors de l’Assemblée générale de l’APIM le 17 juin dernier.