L’Association des Auteurs Compositeurs Mauriciens (AACM) a dressé une liste de 24 revendications qui sera adressée au Premier ministre sous peu. Les Mauriciens sont invités à signer la pétition sur le site de l’AACM. Un minium de 12 000 signatures est nécessaire. Par ailleurs, l’association prévoit une « marche artistique pacifique » le 23 juin dans les rues de Rose-Hill, afin de sensibiliser la population sur leur situation.
Revoir le quota de la musique locale et de la musique étrangère sur les chaînes de radio ; appliquer la loi sur le private copying ; introduire les droits de l’image ; la création d’espaces artistiques et musicales dans les quatre coins de l’île ; une campagne nationale sur les droits d’auteurs ; l’abolition de la Tax Deducted at Source (TDS) pour les artistes touchant moins de Rs 25 000 comme royalties… Ce sont là quelques-unes des revendications de l’AACM.
Toutes ces requêtes figurent sur une pétition préparée par l’association et qui vise à recueillir au minimum 12 000 signatures. L’AACM invite le public à exprimer sa solidarité avec les artistes en signant la pétition sur le site www. aacmauricien. com au plus tard le 23 juin.
Cette démarche vise à interpeller les autorités car « trop souvent, il y a des promesses sans suite », déplore Bruno Raya, secrétaire de l’AACM. L’association regrette, en outre, que le nouveau draft du Copyright Bill ne comprenne pas ses propositions en dépit du fait que ses représentants aient eu des réunions de travail au ministère à ce sujet. Jean-Jacques Arjoon évoque l’inquiétude des artistes devant une telle situation. « Nous nous étions opposé au fait que la loi autorise la reproduction d’une single copy for personal use, tel que mentionné dans le Copyright Bill. Or, le nouveau draft, réalisé après consultations avec tous les partenaires, fait toujours mention de cette clause. Que se passera-t-il si un millier de personnes font une copie d’un CD chacune pour leur personal use ? Cela ferait déjà 1 000 copies ! » Et de faire remarquer que les dispositions légales internationales concernant la single copy datent du temps des albums sur vinyl, copié sur cassette par précaution par leurs propriétaires, et qu’aujourd’hui les albums sortent sur CD.
L’AACM rappelle qu’elle s’est aussi opposée à la présence de broadcasters sur le board de la Mauritius society of Authors (MASA) en raison de conflits d’intérêts. Mais là non plus, la requête n’a pas été prise en considération. « Comment les broadcasters vont-ils contribuer au fonctionnement de la MASA s’ils deviennent des membres ? Va-t-on prélever une somme sur leurs publicités, par exemple ? »
De même, poursuit Jean-Jacques Arjoon, concernant le téléchargement, la nouvelle loi appelle à la responsabilité des users et des right holders, mais pas des Internet Service Providers. « En Allemagne, la société des droits d’auteurs a gagné un procès contre You Tube où il a été mentionné que le ISP doit être responsable de ce qui est diffusé sur le service. »
L’AACM dit ne pas comprendre non plus pourquoi, selon la nouvelle loi, des producers siégeront sur le board de la MASA. « Il y a déjà deux éditeurs sur le board. »
Pour toutes ces raisons et pour dénoncer toutes les difficultés auxquelles la communauté des artistes fait face, l’AACM organise une marche pacifique le 23 juin prochain. La marche débutera devant les locaux de la MASA et se dirigera vers le Plaza, Rose-Hill. L’AACM invite les Mauriciens en général à venir marcher avec les artistes pour exprimer leur solidarité. Différentes activités artistiques seront par la suite organisées dans la cour du Plaza après la marche. La journée se terminera par un concert avec Alain Ramanisum, Désiré François, Linzy Bacbotte, Jah Mike, Blakkayo, Sandra Mayotte, Nancy Dérougère, Richard Beaugendre, Bhojpuri Boys, Gérard Louis et Mario Justin, entre autres. Bruno Raya précise que même s’il y aura un concert ce jour-là, l’AACM n’invite pas le public pour un tam-tam mais pour exprimer sa solidarité.