Alors même que sur le plan mondial, le prix du pétrole a connu une baisse importante, le gouvernement a décidé d’imposer une ponction supplémentaire de Rs 3 sur le prix des carburants. Une décision jugée « indécente » par la Consumer Advocacy Platform (CAP).
L’association dénonce ce qu’elle appelle « une décision arbitraire » d’autant que le leader du PMSD, dit-elle, avait annoncé une baisse des prix lors de la campagne électorale. Or, il n’en est rien. La CAP demande au gouvernement « une date de fin » à cette décision et demande de ne pas prendre les consommateurs pour « des éternels dindons de la farce ».
Pour le président de la CAP, Mosadeq Sahebdin, il « faut une sunset clause pour permettre aux consommateurs de savoir jusqu’à quand ils devront payer les Rs 3 supplémentaires ». Selon ses observations, « la contribution au Build Mauritius Fund passe de Rs 1 à Rs 4, soit un total de Rs 1,6 milliard puisées de la poche des consommateurs. L’argent récolté des Rs 3 supplémentaires est censé aller aux projets visant à améliorer la distribution de l’eau ». Mosadeq Sahebdin fait ressortir que depuis 2006, divers prélèvements sont pratiqués sur les prix du litre d’essence et du diesel, payés par les propriétaires de camions, voitures et motocyclettes à chaque fois qu’ils font le plein. « Rien que sur l’essence, par exemple, il y a Re 1.85 ponctionnée à titre de « contribution à la Road Development Authority, Re 1.50 pour les subventions sur le riz, la farine et le gaz, Re 1.25 pour le hedging désastreux de triste mémoire ou autres prélèvements pour Maurice île Durable et des subventions pour le transport et le stockage des produits destinés à Rodrigues ». Ce qui fait, souligne-t-il, que le prix du litre d’essence qui est vendu à la pompe est deux fois celui de son prix d’achat initial.
La CAP regrette par ailleurs que cette décision de maintenir le prix des carburants « ne permettra pas une baisse des prix des produits de base, comme annoncé par le ministre Ashit Gungah. Cette décision porte un coup bas aux consommateurs qui espéraient voir leur pouvoir d’achat s’améliorer avec une baisse éventuelle du prix des carburants, entraînant dans son sillage une baisse de nombreux produits alimentaires. Or, le prix du pain est resté pareil de même que celui d’autres produits, dont les prix dépendent du coût du transport ».