« Si le gouvernement ne recule pas, on ne reculera pas non plus ». Après l’annonce du gouvernement d’aller de l’avant avec le projet de Petroleum Hub à Albion, c’est un sentiment d’incompréhension et de colère qui règne chez ces derniers. « Nous sommes laissés pour compte. Il n’y a aucune communication entre les autorités et les habitants de la région à ce sujet », explique pour sa part Robert Rose, du Kolektif Say NO to Petroleum Hub.
C’est la réponse du Premier ministre Pravind Jugnauth au député Ameer Meea, au Parlement mardi sur le projet de développement d’un «petroleum Port including a dedicated jetty at Albion », qui a pris les habitants au dépourvu. La concrétisation de ce projet — dans lequel le gouvernement indien compte investir — pourrait s’avérer néfaste, non seulement pour la région côtière ouest, mais aussi pour toute l’île, laisse-t-on entendre du côté du mouvement citoyen, Kolektif Say NO to Petroleum Hub.
En effet, le projet de construction d’un Petrolelum Hub sur les côtes d’Albion représente un réel danger pour l’environnement, la santé des récifs coralliens, mais pour aussi des citoyens. Après l’abandon du projet CT Power, les habitants de la région ne comptent pas rester les bras croisés et regarder détruire devant eux ce lieu pittoresque. « Ce projet est dix fois pire que les autres et le gouvernement devrait nous protéger contre ce genre de choses », avance un habitant d’Albion. « Durant la semaine, le ministre de l’économie océanique a lui-même souligné le danger de ce projet d’envergure. D’autant que Pointe-aux-Caves est un site très fragile et le projet de Bunkering à cet endroit pourrait augmenter le risque d’affaissement de la falaise, entraînant par là même la destruction de nombreuses caves se trouvant en dessus », ajoute-t-il. Sans compter les risques de dynamitage et l’effet domino sur la région, pour faire entrer les tankers dans la rade d’Albion, l’eau n’étant pas suffisamment profonde. « Le moindre accident pourrait causer des dégâts irréparables, du Morne à Grand-Baie», déplore-t-il.
Par ailleurs, les mers d’Albion et de la région abritent de nombreuses espèces endémiques de cétacés dont le Napoléon, petit poisson que l’on retrouve uniquement dans les eaux mauriciennes. « Toute cette faune et flore sera détruite avec le pétrole», confie un membre du Kolektif say no to Petroleum Hub. Et d’ajouter qu’« outre les déchets pétroliers des navires qui entreront dans le port, on ne pourra pas filtrer toutes les particules fines, ce qui représentera un énorme risque pour la santé des habitants ».
Selon Robert Rose, les habitants d’Albion ne comprennent pas la décision du gouvernement qui semble contradictoire : « Alors que le gouvernement souhaite une île durable, maintenant il veut travailler avec les énergies fossiles. » Ils proposent ainsi qu’il y ait à la place un champ photovoltaïque, ou, bien plus, des Wave Energy Captors pour utiliser l’énergie des vagues. « Nous, les habitants d’Albion, ne sommes pas contre tout. Nous souhaitons juste trouver une solution plus écologique », avance-t-il.
A noter que le Kolektif d’Albion est également soutenu par d’autres groupes citoyens de Rivière-Noire et de Tamarin, entre autres.