Les deux représentations de la comédie musicale The Phantom of the Opera ont eu lieu le week-end dernier. Adaptée du célèbre roman à suspense du Français Gaston Leroux dont le personnage légendaire et terrifiant surgit des profondeurs de l’Opéra de Paris, cette comédie musicale donne vie au fantôme de l’opéra mythique de façon moins effrayante que l’histoire originale. Cette comédie musicale, présentée par le Conservatoire François Mitterand et jouée vendredi et dimanche derniers au J & J Auditorium, a été un véritable succès à en croire la réaction enthousiaste du public à la fin du spectacle.
Musique et décors emportent le spectateur dans un tourbillon d’émotions, où se mêlent fascination trouble pour un homme souffrant poussé à la violence par le désespoir, et répulsion pour le fantôme qui est la menace qui plane sur l’opéra. Avec une mise en scène dans un décor délicieusement gothique de l’Opéra de Paris, signé Bernadette Sanspeur et reproduit sur la scène du J&J Auditorium. Au menu: des effets spéciaux avec des feux d’artifice d’intérieur, de fausses bougies, la fameuse boîte à musique du fantôme et, sans oublier, le chandelier mythique de l’Opéra de Paris. Pour l’occasion, un écran géant placé au fond de la scène apportait l’illusion d’une scène plus grande et profonde, et simulait le décor voulu pour chacune des scènes des deux actes.
The Phantom of the Opera a également montré un véritable défilé de costumes — imaginés et créés par Emilien Jubeau — les uns plus excentriques que les autres, et des prouesses orchestrales (et chorégraphiques) à rendre fier la directrice du Conservatoire de musique François Mitterand, Claudie Ricaud. Le couple formé par le héros tragique, le fantôme (Jean-Paul Desveaux) et la chanteuse Christine (Sophie Némorin) on été remarquable. Celle-ci volant même la vedette à ses aspirants (le fantôme et le vicomte Raoul, incarné par Christophe Montenot) grâce à une puissance vocale épatante.
Toutefois, quelques bémols de la soirée de gala de vendredi sont à déplorer : l’orchestre, allant crescendo, dominait parfois la voix des chanteurs, de même qu’une mauvaise articulation rendait la compréhension des répliques difficile, voire par moments impossible. La complexité de l’intrigue peut parfois échapper à un public non anglophone, mais qui parvient tout de même à vibrer et à être emporté par ce spectacle. Malgré le manque de synchronisation pour les effets spéciaux, et les costumes gênant parfois le mouvement des acteurs, The Phantom of the Opera a su séduire les spectateurs qui ont applaudi à tout rompre, debout dans le J&J Auditorium, pour clôturer la soirée.