Quelques propriétés situées aux abords de l’ancien chemin de fer à Curepipe

La phase 2 du projet Metro Express, avec le démarrage des travaux entre Curepipe et Quatre-Bornes, polarisera l’attention dans les semaines à venir avec, en toile de fond, le sort d’une centaine de propriétés empiétant sur le tracé. Alan Ganoo et Steve Obeegadoo, qui ont été respectivement  propulsés ministres du Transport et du Metro Leger, et du Logement et des Terres, seront sous les feux des projecteurs dans le cadre des négociations pour l’acquisition des terres sous formes de compensation. Les habitants concernés – dont certains auront, à l’instar de la famille Rajabally à La Butte en 2017, à évacuer complètement les lieux – sont dans l’expectative.

Les yeux rivés sur sa maison située aux abords du futur tracé du Metro Express à la rue Swami Sivananda à Curepipe, Paul nous raconte : « C’est mon père qui avait fait l’acquisition de ce terrain appartenant à l’État après la suppression définitive de la ligne du chemin de fer en 1964. Il y a fait construire cette maison qu’il m’a léguée en héritage. » Le train prend aujourd’hui la forme d’un tramway pour renaître de ses cendres. Ce scénario sonne comme une épée de Damoclès sur la tête de ce père de famille ainsi que pour une centaine d’autres résidents et commerçants de Curepipe à Vacoas qui vont vraisemblablement devoir céder une partie – ou, pire, la totalité pour certains – de leur propriété. Une autre habitante s’est confiée à Week-End : « Je vais devoir faire  une croix sur mon potager et mes palmiers, c’est une certitude. » Son époux, qui l’a entre-temps rejoint, craint de ne plus pouvoir stationner son véhicule dans sa cour. « J’attends que les autorités viennent nous expliquer ce qui se passera », souligne le sexagénaire qui semble résigné. La confrontation au rythme des engins de chantier, comme cela a été le cas à la rue Vandermeersch, de Rose-Hill à Beau-Bassin, suscite également l’inquiétude du couple.

La situation est quasi identique en ce qui concerne les commerçants opérant en face du marché de Vacoas en direction de la gare. Une demi-douzaine de structures situées au pied ou sur le tracé devront également être démolies pour faire place au chantier. Le gérant d’une boulangerie souligne que « les négociations pour une compensation digne de ce nom risquent d’être longues, car je ne me laisserai pas faire. » 

Interrogé par Week-End, mercredi dernier, à l’issue du protocole d’accord signé entre Polytechnics Mauritius et l’Université de Kuala Lumpur, Alan Ganoo concède que c’est un sujet complexe auquel il donnera toute son intention mais qu’il « préfère pour l’instant, en tant que nouveau ministre, éplucher tous les contours du projet avant de me lancer dans des analyses. » Le ministre a, par ailleurs, abondé dans le sens du Chief Executive Officer (CEO) du Metro Express Ltd (MEL), Dass Mootanah, en ce qu’il s’agit de la phase 1 des travaux entrepris entre Rose-Hill et Port-Louis: « La phase une est terminée et MEL commencera ses activités dans pas longtemps », a-t-il fait ressortir, ne confirmant toutefois pas si l’évaluateur de sécurité indépendant italien ITALCERTIFER soumettra son rapport, déterminant pour l’obtention du certificat de sécurité final, avant l’exploitation commerciale des tramways annoncée pour le mois prochain.