Le sexting est de plus en plus à la mode chez les jeunes. Le Directeur des Poursuites Publiques (DPP), Satyajit Boolell, Senior Counsel (SC), a consacré un article à ce sujet dans sa dernière newsletter. Si s’envoyer des sextos est courant chez les jeunes, au sens de loi, cette activité est néanmoins considérée comme un délit grave et passible d’amendes et de peines d’emprisonnement.
Mot anglais formé à partir de « sexe » et de texting, le sexting constitue l’échange de photographies à caractère explicite à travers les mobiles ou les réseaux sociaux. Avec les nouvelles technologies et l’avènement des réseaux sociaux, le sexting chez les adolescents est devenu un problème qui préoccupe les parents, les éducateurs et les représentants de la loi. Dans la dernière édition de la newsletter du Bureau du Directeur des Poursuites Publiques, l’attention est dirigée sur l’ampleur de ce phénomène auprès des jeunes et l’urgence pour la police de se familiariser avec les nouvelles technologies afin de mieux le combattre.
S’il est courant pour les adolescents qui se mettent en couple de pratiquer cette activité, celle-ci néanmoins n’est sans conséquences, surtout à la rupture de la relation. Certains n’hésitent pas à faire circuler la photo compromettante de son ancien « amour » parmi leurs amis, voire les publier sur les réseaux sociaux, entraînant tout un scandale. Aux États-Unis, on se rappelle du cas d’une jeune femme de dix-huit ans qui s’est suicidée par pendaison après que des images d’elle dénudée furent diffusées dans son lycée par son petit ami, ce qui avait entraîné du harcèlement envers elle par les autres élèves.
Le DPP rappelle que le sexting est un délit grave et constitue une entorse à l’article 46 (h) de l’Information and Communication Technologies Act qui prévoit que quiconque utilisant un information and communication service, incluant un mode de transmission/service de télécommunications pour la réception ou l’envoi d’une photo indécente, commet un délit et pourrait être passible d’une amende n’excédant pas Rs 1 million et une peine d’emprisonnement ne dépassant pas 5 ans.
Le sexting constitue également un acte de pornographie juvénile au sens de l’article 15 de la Child Protection Act qui considère qu’il s’agit d’un délit de distribuer ou d’avoir en sa possession une photo indécente dite « sexuellement explicite » d’un mineur (enfant âgé de moins de 18 ans) dans l’intention de les distribuer. Toute personne trouvée coupable est passible d’une amende n’excédant pas Rs 25 000 et une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans.
Dans la même foulée, écrit le DPP, les cas d’insultes ou d’autres formes d’abus en ligne montent en flèche. Il est très courant que les gens aient recours à Facebook ou Tweeter pour bully, insulter, menacer et harceler d’autres personnes. Ce comportement « antisocial », précise le DPP, constitue un délit à l’article 46 (h) de l’ICTA.
Selon le DPP, la police sera appelée à faire face de plus en plus de ces types de plaintes au sujet de ces crimes en ligne alors que la technologie sera appelée à être de plus en plus ancrée dans toutes les sphères de la société. « Les policiers devront se préparer à un changement de culture en devenant des officiers de police plus high-tech », souligne le DPP.