Le Gangnam Style, c’est du passé. Nous vivons désormais à l’heure du Harlem Shake. Une tendance internationale déjà bien présente à Maurice, avec des dizaines de vidéos locales publiées en ligne chaque semaine. Collèges, universités et bureaux ont attrapé la bougeotte en entendant ce son. Une fièvre probablement passagère, mais qui fait actuellement des ravages.
Une même formule en toutes circonstances. La vidéo commence généralement par une personne casquée ou masquée, dansant seule au milieu d’un groupe qui se livre à ses occupations habituelles. La séquence est marquée d’un plan de coupe de quinze secondes. Soudain, l’ensemble des personnes, déguisées ou bien dénudées, dansent de façon détournée en mimant l’acte sexuel au cours des quinze autres prochaines secondes. Voilà ce qu’est ce nouveau phénomène planétaire.
“Enn ti nisa”.
En quelques mois à peine, le Harlem Shake a déjà secoué le monde entier, y compris la population mauricienne. Rien que chez nous, plus d’une centaine de vidéos amateurs ont été postées sur You Tube. Filmée dans des angles avec des personnages arborant des costumes différents, chaque vidéo est unique, mais avec un objectif commun. Comme le dit Jérôme, le protagoniste de Harlem Shake Forever Alone, le but est de prendre “enn ti nisa”. “Au départ, je ne voulais pas la mettre en ligne. Mais un ami m’a convaincu, et j’ai finalement accepté. J’ai quand même reçu un bon feed-back. Les gens me disent que c’est comique”, dit-il d’un air enjoué.
Deux mots qualifient la chose pour Jason, 22 ans : buzz viral. Pour les plus jeunes, “c’est un moyen de délirer”, comme l’affirme Karen, 14 ans. Le Harlem Shake peut aussi être vu comme quelque chose de “démocratique”. C’est ce que pense Stéphane, 38 ans. Selon lui, c’est un phénomène culturel propre à une génération, qui cherche à se démarquer des autres en utilisant une signature originale.
Étudiants.
Ce sont les jeunes qui sont le plus secoués par le Harlem Shake. Dans les établissements scolaires, lorsqu’il n’y a pas classe, cette activité loufoque constitue un moyen de faire passer le temps. À l’aide de leurs téléphones portables, les étudiants filment leurs délires. Dans un collège des hautes Plaines Wilhems, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. “15,000 personnes ont regardé notre clip. La plupart ont aimé et l’ont jugé très créatif, mais il y a toujours des gens short-minded. C’est pourquoi nous avons dû le retirer de You Tube”, confie l’étudiant de Upper Six de cet établissement.
Dans un autre collège de la capitale, Andy, qui s’est aussi prêté au jeu avec son groupe d’amis, affirme que tout s’est bien passé. Ils ont planifié leur coup la veille et ont obtenu un résultat très positif, avec près de 10,000 viewers.
Dans les universités, l’amusement est aussi de rigueur. Julien, étudiant en deuxième année de Graphic Design, avoue que l’idée ne venait pas de lui. Il leur a fallu plusieurs essais avant d’atteindre leur but, même s’ils disposaient d’équipements plus professionnels.
Média.
Histoire de rigoler un bon coup, les compagnies privées s’y sont également mis. Les membres de la presse n’en ont pas été en reste. Avi, animateur de Music Fm, admet que c’était un moyen pour eux de montrer à leurs auditeurs qu’ils savent s’amuser. Il ajoute : “Nous étions comme des malades dans le studio. Je pense que nos auditeurs ne s’y attendaient vraiment pas.”
Idem pour le groupe Le Mauricien. Benoît, qui travaille dans la section assurant le montage des pages, en a eu l’idée : “En voyant plusieurs vidéos sur You Tube, je me suis dit pourquoi ne pas faire un truc de ce genre au bureau. Histoire de montrer que le monde du travail n’est pas aussi stressant.” Le Harlem Shake du Mauricien est un réel succès. On peut, entre autres, y voir un “homme” couvert de pages d’un journal, qui se met à se trémousser avant d’être rejoint par une troupe de “déjantés”…