Philippe Espitalier-Noël, CEO de Rogers, fait partie des capitaines du secteur privé mauricien. Dans une interview accordée au Mauricien, il évoque la transition du groupe Rogers d’une compagnie axée essentielle sur le commerce vers des métiers où il faut des capitaux importants comme l’hôtellerie, les services financiers, la logistique et les investissements immobiliers. Il prévoit une amélioration de la profitabilité dans le secteur touristique. Membre du conseil d’administration d’Air Mauritius, il déplore une sous-utilisation des moyens dont disposent les partenaires de la compagnie. Il considère qu’Air Mauritius aurait pu être un modèle de Private/Public Sector Partnership (PPP) dont on vante si souvent les mérites. « Allions nos forces… la concurrence est ailleurs », lance-t-il. Philippe Espitalier-Noël fait également une mise en garde concernant la volonté des autorités à décentraliser les activités économiques et commerciales. « Cela ne servirait aucunement le pays de construire ailleurs pour continuer à vider Port-Louis », lance-t-il.
Dès votre arrivée à la tête de Rogers, vous avez impulsé de nouvelles orientations. Comment évaluez-vous, plus d’une décennie après, les résultats des changements opérés ?
La direction prise par le groupe aujourd’hui est, en effet, influencée par ma contribution depuis une bonne quinzaine d’années. Depuis huit ans je me suis attelé à compléter la transformation d’un conglomérat qui était dans le commerce, coté en bourse comme tel. Nous sommes aujourd’hui un Holding d’investissement dans le secteur des services principalement. Hôtellerie, services financiers, logistique et investissements immobiliers, le groupe a connu une transformation complète.