Parce qu’il ne supportait pas que les chevaux de courses soient achevés juste parce qu’ils ne sont plus performants, Philippe François, aujourd’hui âgé de 64 ans, et avant lui son père, a, durant de longues années, sauvé des centaines de chevaux, dit-il, de l’abandon, de la déchéance physique et de l’euthanasie.  Son dessein est de valoriser et donner une seconde chance aux anciens coursiers à travers des activités équestres. À Ligne Berthaud, Vacoas, ce passionné des chevaux, ancien responsable d’un centre équestre, est connu comme un professionnel de la reconversion des coursiers. Il est toujours instructeur d’équitation et s’est même lancé dans la fabrication de calèches.
Tandis que nous revenons d’un reportage à Vacoas, empruntant la Ligne Berthaud, nous assistons à une scène inhabituelle, anachronique à souhait : deux hommes rentrant d’une promenade en calèche tirée par un beau poney noir prénommé Cupcake. Si, pour nous, cette scène constitue un véritable voyage dans le temps, pour les habitants de cette rue, elle semble courante.
C’est devant une charmante maison à étage de couleur beige devant laquelle sont placés deux trolleys qu’ils s’y arrêteront. C’est ici que vit Philippe François, grand passionné de chevaux et propriétaire de trois poneys et d’un cheval. Sans la moindre hésitation à notre demande, il nous invite gentiment à entrer afin de nous parler de sa passion et visiter les différents enclos.
Dans sa cour où traverse un canal, il dispose d’une petite piste pour ses équidés. « Mon fils a aménagé cette piste l’année dernière afin que les chevaux puissent s’y défouler, faire leur trot. Ils aiment aussi rouler dans la terre », dit-il. Un petit coin qui se mue au cours de la journée en mini-ferme pour ses poules, canards, dindes, une oie et des lapins. A voir cet exquis coin de terre, il ne fait aucun doute : Philippe François est un protecteur des animaux et de la nature.
Dans un grand espace à côté de sa maison, l’ancien responsable du centre équestre du Maritim a aménagé quatre boxes pour accueillir ses trois poneys Cupcake, Titeuf et Bonanza et Over the Ocean, un ex-coursier. Pour ses bêtes, cet homme dépense sans compter. « Je sais que mes chevaux consomment entre 14 à 20 livres de nourriture par jour, mais je ne peux pas vous dire combien cela me coûte par mois, car je ne compte pas », dit-il.
Chez Philippe François, il ne manque rien à l’équipement du cavalier : couvre-selle, harnais, casques, casaques sont suspendus à l’entrée des boxes. Ici, les équidés sont destinés au loisir. Et s’ils sont turbulents, la voix nette du propriétaire
et un petit coup de cravache sur le dos les incitent à l’obéissance ! Oh, un petit coup affectueux, pas ceux qui se pratiquent à la fin des courses !
Si trois des boxes sont occupées par poneys et cheval seulement, le quatrième est partagé avec un lapin. « Le poney s’est lié d’amitié avec le lapin. Ils aiment jouer ensemble », dit Philippe.