L’Export and Other Enterprises Employees Union (EOEU) a organisé hier une protestation pacifique devant les locaux d’Universal Fabrics, à Phoenix. Ils dénoncent le « non-respect de leurs droits syndicaux d’organiser une réunion à l’usine » ainsi que les conditions liées à la santé et la sécurité. Leur négociateur, Atma Shanto, s’élève aussi contre le fait qu’un assesseur de l’Employment Relations Tribunal ait siégé récemment à un comité disciplinaire.
Universal Fabrics et Kline, deux compagnies appartenant au même groupe, étaient hier sous les feux des projecteurs. Les employés membres de l’EOEU ont en effet manifesté pacifiquement devant les locaux, à Phoenix. Un litige opposant la direction de l’usine et le syndicat, notamment sur l’organisation d’une réunion à l’usine, est à la base de cette protestation. Dans une lettre adressée au directeur général de la compagnie, le 12 juillet, Atma Shanto, le négociateur, parle de « violation de la section 40 de l’Employment Relations Act 2008 ». Il souligne également que le 20 juin 2017, la compagnie avait pris l’engagement devant l’Employment Relations Tribunal (ERT) de tenir les réunions syndicales à l’usine « sans condition ».
Toutefois, indique encore Atma Shanto dans la lettre, « le mercredi 12 juillet, nous avons eu droit à un refus catégorique ». C’est la raison qui a poussé hier les employés à manifester leur mécontentement. Dans la foulée, le syndicat cible des conditions liées à la sécurité et la santé. Il rappelle également qu’en avril dernier, un ouvrier d’usine, qui se trouvait sur le bateau Le Gryphon, pour des réparations, avait trouvé la mort dans un incendie.
Le négociateur syndical évoque en outre le licenciement récent d’un ouvrier après 19 années de service. « On lui a reproché des fautes professionnelles dans son travail alors qu’il n’avait fait qu’appliquer les directives de son supérieur. Mais le plus grave dans cette affaire, c’est qu’un assesseur de l’ERT, supposé être indépendant, avait siégé sur le comité disciplinaire qui a décidé de son licenciement. C’est inacceptable. »
Atma Shanto réclame ainsi la réintégration de ce père de famille. Il dénonce un « abus des comités disciplinaires de manière générale dans le pays pour se débarrasser des travailleurs ». Il relève également le « recrutement massif des Bangladais dans ce secteur ». Ce qui diminue le poids syndical des employés mauriciens.
Le négociateur souhaite que le ministère du Travail intervienne dans ce conflit. Une copie de la lettre adressée au directeur d’Universal Fabrics a d’ailleurs été envoyée au ministère et à l’ERT.