Fleurs, coquilles, palmiers, fruits, paysages… Diane Henry est une photographe qui se consacre principalement à la photographie nature. Grâce à l’image, elle fait découvrir ce qu’elle a pu observer lors de ses différents voyages à Madagascar, Rodrigues, Afrique du Sud, Laos, Cambodge. Quoique ses thèmes de prédilection restent la flore, la nature sauvage, elle aime aussi se tourner de temps à autre vers d’autres sujets. Découverte.
La macrophotographie est l’une des spécialités de Diane Henry. Nous avons découvert un volet de ses oeuvres lors d’une exposition permanente sur le thème de la biodiversité présentée au musée de l’Aventure du sucre à Mapou. Amoureuse de la nature, cette femme de 37 ans pratique cette forme de photographie surtout pour sensibiliser le public à la beauté qui nous entoure, et qui échappe bien souvent à notre attention.  «À travers mes photos, j’essaie de transmettre mon admiration et mon respect pour notre environnement naturel, qui est si fragile. Mon oeuvre se veut être un humble témoignage de notre véritable richesse», dit-elle. Photographe contemplatif, elle professe une dilection particulière pour les éléments naturels qui l’entoure, surtout la vie végétale. «Les plantes et les fleurs ont été mes premiers sujets sur lesquels j’ai beaucoup travaillé et continue de travailler», dit-elle.
Cette chasseuse d’instants fugaces et magiques, comme elle se décrit, a grandi à Grand-Baie, à l’époque, dit-elle, où il faisait bon y vivre. Sa famille possédait alors un grand jardin. «J’ai grandi dans un environnement naturel magique», dit-elle.
Grandir dans ce cadre édénique a développé et affiné sa sensibilité à la beauté de la nature. Plus tard, elle en fera son métier.
Elle se souvient de sa première photographie prise dans son propre jardin à Grand-Baie près de la mer: les frangipanes. «J’ai débuté dans la photo avec des fleurs. Mon premier tableau fut un lotus rose pris de face. J’ai appelé cette photo « Hassana », qui signifie « Commencement »».
Puis sont venues le temps des études : un master en Management à Paris, une formation en photographie en noir et blanc dans la capitale française, puis plus tard, des études en Interior design en Australie. Mais la photo entre réellement dans la vie de Diane Henry il y a dix ans quand elle fait la découverte de nouvelles techniques d’impression de photos sur tissu, tandis qu’elle travaillait avec un ami de la famille dans une imprimerie, en Australie. «Cette technique d’impression a causé un déclic. Grâce à cela, j’y ai trouvé mon véritable métier. Avant cela, je me cherchais un peu. Passionnée par la nature et la photo, je n’avais pas pensé pouvoir allier les deux. J’ai toujours placé la nature au coeur de mon art. C’est elle l’inspiratrice, le guide», dit-elle.
De retour à Maurice, et forte des connaissances acquises en Australie, elle crée son propre atelier. Elle imprime ses premiers tableaux-photos qui trouvent immédiatement preneurs. Bientôt, ses tableaux décoreront de nombreux hôtels, bureaux et maisons. En association avec des imprimeurs pro, elle propose également des impressions tissu, papier peint, bois, perspex, etc. Elle collabore avec des architectes d’intérieur sur des projets d’envergure. Sa carrière est lancée, elle se fait un nom.
Elle veut voir du pays et commence à voyager par le monde à la découverte de nouveaux sites naturels. « Rodrigues, La Réunion, Madagascar, Seychelles, Afrique du Sud, France…. Une fois arrivée à destination, ce sont les sujets qui viennent à moi! La nature est une source d’inspiration infinie. Elle nous offre toujours un spectacle grandiose. Il suffit d’être là au bon moment pour la capturer!», dit-elle. S’il y a un pays qui l’a le plus marqué, c’est Madagascar et ses dunes de sable à l’infini, mais aussi les Seychelles, dit-elle. «J’ai été envoûtée par les Seychelles. J’ai beaucoup de mal à vivre à Maurice car les Mauriciens n’ont malheureusement aucun respect pour la Nature. Notre belle île est bétonnée tous les jours un peu plus et ça me rend très triste. On abat les arbres sans raison». Elle a dès longtemps fait sienne, la maxime de Francis Bacon : »On ne commande la nature qu’en lui obéissant ».
Durant ses voyages, fleurs locales, exotiques, fruits, paysages, nature vierge passent devant son objectif. «Parmi tous les éléments naturels, c’est dur de choisir quels sont ceux que je préfère. Peut-être les palmiers, les coquilles, les jeux de lumière en reflets et transparences».
Si son regard photographique se porte naturellement vers la flore, l’ambiance florale ou la nature d’une manière générale, son activité commence à s’étendre. «J’ai récemment évolué vers la photo de paysages naturels (de pirogues aussi) et mes tout derniers sont des enfants», dit-elle.
Pour elle, la photographie est un moyen d’exposer au monde une vision, de sensibiliser, de faire passer des messages. Comme le fait Eric Tourneret, le photographe des abeilles qui l’inspire. Leurs photos sont un témoignage d’un monde merveilleux, que l’homme est encore en train de détruire.
Les photos de Diane Henry sont visibles sur le site www.artbynature.mu.
La jeune femme propose aussi une exposition permanente à la galerie du Moulin Cassé, dans une ancienne sucrerie magnifiquement réhabilitée en galerie d’art.