« Il y a des jours où je dois oublier. D’autres où j’ai le droit de penser. Plus fort doit être ce qui existe et non ce qui subsiste. Plus ici en l’attente. Être ici en l’absence. Toujours ailleurs et vaillante, je ne peux qu’être lente. Par ici m’asseoir entre l’oubli et la mémoire ! » Ce petit poème est de ces textes que l’artiste Leau de la Hogue trouve quand elle crée ses images. Celui-ci accompagne l’image montrée ci-contre intitulée « Ma balade ». 
Native de Maurice, Leau de la Hogue a trouvé sa destinée en France, où elle vit depuis plusieurs années, en Angleterre et à La Réunion où elle a fait ses études (notamment en Fine Arts), et dans différents pays africains où elle a séjourné.
Pour la première fois, elle montre son travail de création à Maurice dans une exposition du 10 au 19 août à l’Atelier, à Port-Louis, le restaurant librairie de la rue Saint-Louis. Ses travaux réalisés sur papier résultent d’un savant mélange de photographie, de pastel sec et de calligraphie. 
Leau de la Hogue garde toujours son appareil photo et son stylo à portée de main. Peut-être en quête des lumières et de la mer miroitante de l’enfance, elle guette les contrastes forts entre la lumière et l’ombre, ainsi que les reflets de toutes sortes, de ceux qui troublent la vue et transportent dans le monde des pensées.
Parallèlement à son activité de création, elle a appris la calligraphie à des fins alimentaires, notamment pour faire du mailing. Aussi les mots qui lui viennent inévitablement à l’esprit ont-ils naturellement trouvé leur place, offrant un cadre de pensées à ces images trouvées dans les rues parisiennes et ailleurs. La photographie est ici le plus souvent un support qu’elle retravaille ensuite très finement au pastel sec, amplifiant le caractère vaporeux et étincelant de l’image, laissant surgir des formes aléatoires, des spectres colorés, des mouvements de lumière étranges. Les belles lettres formées à l’encre avec leurs arabesques et empâtements tournent autour de l’image sur la marie-louise de sorte à être lue. Une image sépia apporte une autre indication sur la nature de son travail : « Je peins pour entendre les mots. J’écris pour parler des maux. »