Le Réunionnais François-Louis Athénas inaugure aujourd’hui à l’IFM Timeless, une exposition extraite des nombreuses photographies qu’il a réalisées sur Maurice ces quinze dernières années. Elle accompagne le livre du même titre qu’il publie chez Vizavi, pour lequel l’éditeur a fait appel à Ananda Devi qui introduit l’ensemble et propose quelques poèmes en anglais et en français, sur certaines d’entre elles. L’auteur du Sari Vert a trouvé le titre Hors du temps/Timeless, qui situe ce travail comme le fruit d’une longue amitié entre un voisin et les Mauriciens, fruit aussi d’une passion indéfectible pour la photographie patiemment désirée, réalisée au rythme du pas de l’homme.
François-Louis Athénas n’a fait de la photographie son activité principale qu’à l’âge de quarante ans, bien qu’elle l’ait toujours passionné. Le premier geste photographique qui a bouleversé sa vie s’est produit en 1995, lorsqu’il a proposé de photographier la dernière journée de travail de l’usine de Beaufond, avant sa fermeture définitive. L’expérience de cette journée très particulière l’a poussé à bazarder sa société d’édition, pour ne plus faire que ce métier. Le 1er janvier 2000, il était enregistré comme photographe professionnel.
Concernant Maurice, ses premiers souvenirs remontent à ses dix ans, où on venait facilement en vacances dans l’île soeur toute proche. Parmi ses premières images mentales : une île aux cerfs « féerique et déserte » où l’on avait planté des piquets avec un peu de paille pour manger à l’ombre. Le lieu a beaucoup changé et ne figure pas dans ce livre, les images qu’il nous présente ici sans date se situant véritablement “hors du temps”, peuvent avoir été réalisées au cours de ces quinze dernières années et nous parlent d’une transmission mauricienne… L’artiste semble avoir recherché une île Maurice intérieure, laborieuse et vivante.
Le photographe fait partie des irréductibles qui continuent de travailler ses prises de vue en argentique. Le support original en demeure le négatif mais par la suite, les contraintes des métiers d’arts graphiques font que ces images seront numérisées avant d’être imprimées. Voilà pourquoi nous retrouvons dans ces imprimés le grain propre à la photographie à l’ancienne, que la numérisation a reproduit…