Selon les données fournies par les photos aériennes et les images satellitaires durant la période 1967-2012, 11% des côtes mauriciennes ont été affectées par l’érosion. C’est ce qu’a révélé hier le ministre de l’Environnement, des Urgences en cas de Catastrophes naturelles et de la Beach Authority Raj Dayal au Méridien Hotel, Balaclava, à l’ouverture d’un atelier régional de deux jours sur la gestion des glissements de terrains et des zones côtières dans les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien.
 
« Selon les données disponibles pour la période 1967-2012, les photos aériennes et les images satellitaires indiquent que 11% de nos côtes ont été érodées. Par ailleurs, 30% de nos plages ont été rechargées et 59% de celles-ci étaient stables », a révélé jeudi le ministre de l’Environnement, des Urgences en cas de Catastrophes naturelles et de la Beach Authority Raj Dayal au Méridien Hotel, Balaclava, à l’ouverture d’un atelier régional de deux jours sur la gestion des glissements de terrains et des zones côtières dans les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien. Étaient présents à cette occasion : l’ambassadeur du Japon pour Maurice Ryuhei Hosoya, l’UN Resident Coordinator et UNDP Resident Representative Simon Springett, la chargée de mission à la Commission de l’océan Indien Gina Bonne, le représentant de la Japan International Cooperation Agency (JICA) à Madagascar Kaoru Takahashi, le Chief Advisor de l’équipe de la JICA Kensuke Ichikawa, le Permanent Secretary au ministère des Infrastructures publiques et du Transport intérieur ainsi que des participants venus de Madagascar, des Seychelles, des Comores, de La Réunion et, évidemment, de Maurice.
Selon Raj Dayal, de ces 11% de nos côtes érodées, on a noté des érosions sévères à Albion, à Bel-Ombre et Mon-Choisy. « Par ailleurs, on a noté durant ces 10 dernières années une diminution moyenne de 27% à 50% des coraux vivants dans nos lagons. Cette dégradation de notre couverture corallienne est alarmante et des mesures urgentes doivent être prises ! », a-t-il prévenu.
Le ministre a déclaré que cet atelier a pour but, entre autres, de partager avec les îles voisines les résultats et les leçons apprises de deux projets réalisés par la JICA, à savoir celui de la gestion des glissements de terrains et celui de la protection et de la réhabilitation des zones côtières à Maurice. Selon Raj Dayal, la zone côtière mauricienne, dont la valeur économique est estimée à un milliard de roupies, est sous intenses pressions, non seulement du fait du tourisme et des activités de pêche, mais aussi à travers des activités terrestres, comme l’agriculture, l’industrie, la construction, la décharge des effluents et l’urbanisation des villages côtiers. « Tous ces impacts anthropogéniques (Ndlr : causés par l’Homme) sont davantage exacerbés par le changement climatique, qui a des conséquences néfastes sur les zones côtières, l’érosion des plages, la mauvaise qualité de l’eau du lagon et la perte de la biodiversité, entre autres », s’est-il alarmé. « C’est pourquoi mon ministère, avec l’assistance technique de la JIC, réalise le 2012-2015 Project for Capacity Development on Coastal Protection and Rehabilitation, projet qui arrive à terme en juin prochain », a-t-il expliqué.
Le ministre a révélé que, dans le cadre de ce projet, des Coastal Conservation Plans ont été préparés pour 13 sites (Flic-en-Flac, Albion, Pointe-aux-Sables, Bel-Ombre, Mon-Choisy, Pointe-aux-Canonniers, Trou-d’Eau-Douce, Bras-d’Eau, l’Ile-aux-Cerfs, Grand-Sable, Pointe-D’Esny, Le Morne et Baie-du-Tombeau). Une caractéristique saillante de ce projet, a poursuivi Raj Dayal, est la mise en oeuvre d’un projet témoin de «gravel beach nourishment » (Ndlr : rechargement des plages par des “graves”, un granulat composé d’un mélange de sable et de gravillons) à Grand-Sable, à l’est de Maurice. « Cette méthode innovante, c’est prouvé, est efficace pour réduire le déferlement des vagues, améliorer la qualité de l’eau de mer et rehausser la qualité récréationnelle de la région », s’est-il félicité.
Le ministre a ensuite énuméré dans les détails les projets mis en oeuvre par son ministère pour préserver et réhabiliter nos zones côtières. « Malgré tous nos efforts, nous sommes toujours vulnérables à la montée accélérée du niveau de la mer, aux phénomènes climatiques extrêmes, aux tsunamis et aux impacts anthropogéniques, tels le déversement d’hydrocarbures ou chimiques. Prenant en considération les incertitudes de l’avenir, nous avons un long chemin à parcourir pour une gestion efficace de nos zones côtières ! », a conclu Raj Dayal.