La publication de la série de photos de la scène du crime dans la chambre 1025 de l’ex-Legends Hotel le 10 janvier 2011 par le nouvel hebdomadaire local Sunday Times, dimanche, fait l’objet d’une enquête initiée au Central CID. Une descente policière s’est déroulée dans les locaux de cette publication à Port-Louis hier après-midi en vue de la saisie de documents ou de preuves. De son côté, le Prime Minister’s Office a émis en fin de journée d’hier un communiqué officiel condamnant en des termes des plus catégoriques la publication de ces photos, de nature très sensible, de la victime Michaela Harte, avec des traces de blessures au cou, dans la baignoire de cette chambre d’hôtel.
La perquisition de la police dans la rédaction de cet hebdomadaire n’a pas donné les résultats escomptés car il n’y avait aucune trace des photos puisées de l’album produit par le Scene of Crime Office (SOCO) pour les besoins de l’enquête sur le meurtre de la ressortissante irlandaise dans cet établissement hôtelier. La police a récupéré des exemplaires encore non-vendus de l’édition de dimanche de l’hebdomadaire.
Dans la partie initiale de l’enquête, le Central CID tente d’identifier la source de la fuite de cet album de photos prises sur les lieux du crime le lundi 10 janvier 2011 avant que le cadavre de la victime ne soit enlevé et transporté à la morgue pour les besoins d’autopsie. Par la suite, ces photos furent versées dans le dossier à charge pour les besoins d’enquête préliminaire au tribunal de Pamplemousses et pour le procès aux Assises.
Tous les officiers de la police ayant traité les photos du meurtre de Michaela Harte au cours de ces derniers dix-huit mois ont été entendus par le Central CID dans la journée d’hier. Des consultations ont eu lieu entre le Central CID et le Director of Public Prosecution’s Office en vue de décider de la marche à suivre. Les responsables du Sunday Times pourraient être convoqués par la police à des fins d’interrogatoire.
La publication de ces photos a suscité de vifs émois en Irlande où les autorités ont pris la décision de protester diplomatiquement auprès du gouvernement. Un émissaire spécial irlandais devait se rendre à la Haute Commission mauricienne à Londres pour faire état de l’indignation de l’Irlande dans son ensemble à la suite de ce nouvel impair dans l’affaire Michaela Harte.
D’autre part, le Prime Minister’s Office a fait publier un communiqué officiel, hier après-midi, afin de dénoncer en des termes très sévères la publication de ces photos de la scène du crime. « This is a clear illustration of one of the most despicable methods of abuse and breach of the right to freedom of expression. It shows an utter lack of respect for, and a reckless infliction of further hardship on the bereaved families. This act runs counter to the deep attachment of our country and our citizens to family values and respect of those who have lost their beloved ones », soutient le Bureau du Premier ministre.
« Il est extrêmement déplorable qu’alors que les autorités, dans le cadre démocratique, déploient tous les moyens possibles pour que les coupables soient traduits devant la justice et que des mesures soient prises pour maintenir la réputation de Maurice comme un pays accueillant et hospitalier, au nom d’un sensationnalisme irresponsable, quelques individus sans scrupule dans la presse, portent préjudice à l’image du pays et à ses citoyens en particulier », poursuit le Prime Minister’s Office.