Décrocher un contrat d’embauche au sein de la profession de physiothérapeute n’est pas chose facile, à en croire les témoignages d’anciens étudiants de l’Université de Maurice ayant complété le BSc (Hons) Physiotherapy. Nombreux sont ceux qui possèdent les qualifications et compétences voulues à espérer trouver un emploi, et à buter face au manque d’offres d’embauche. Faute de décrocher un emploi, certains ont même été contraints de changer d’orientation professionnelle.
Avec le vieillissement de la population, la hausse des maladies non transmissibles et du nombre d’accidents de la route, la profession de physiothérapeute a toute son importance, estiment des anciens étudiants qui ont souhaité garder l’anonymat. Les recherches ont prouvé que des exercices thérapeutiques prescrits par des physiothérapeutes aux personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires apportent des améliorations significatives au bout d’un an concernant la pression artérielle, le poids, la qualité de vie et les autres indicateurs de santé. Mais ces derniers regrettent que sur le marché du travail, les possibilités et contrats d’embauche soient rares alors qu’un BSc (Hons) Physiotherapy est proposé au niveau tertiaire. « On incite les jeunes à suivre ces études qui durent quatre ans mais une fois celles-ci terminées, nous n’arrivons pas à trouver de l’emploi dans ce domaine précis parce que les offres sont limitées dans les établissements de santé du public, ou que le recrutement à certains niveaux se fait toujours attendre », confient ces anciens étudiants. Une fois le diplôme en main, ils relatent comment ils ont peiné à trouver du travail, durant plusieurs mois. Faute de trouver un travail, certains n’ont eu d’autre solution que de changer de métier, dans un domaine tout à fait différent de la physiothérapie. « Certains sont même contraints de travailler dans des centres d’appels », s’indignent nos interlocuteurs. Ils seraient plusieurs anciens étudiants dans un tel cas. « Certains ont dû effectuer des emprunts pour financer leurs études », déplore l’un d’eux, comme pour démontrer son inquiétude.
À Maurice, la profession de physiothérapeute est peu connue, bien qu’elle existe depuis plus de 25 ans. Les services de physiothérapie contribuent à la réhabilitation des patients et à bien d’autres niveaux. Cette spécialité contribue à réduire les risques de contracter certaines maladies et aide les personnes souffrantes à mieux gérer les maladies coronariennes ou l’insuffisance cardiaque.
Un appel pressant aux autorités est lancé par ces anciens étudiants pour mieux faire connaître la profession et convaincre de l’importance de sa pratique, et surtout revoir la politique de recrutement dans ce corps de métier. Ils souhaitent que les autorités soient sensibilisées à ce sujet étant donné que « le cours offert par l’Université est maintenu alors que sur le marché du travail, on n’a rien à offrir aux détenteurs de diplôme ». Ils ont sollicité des rencontres avec les représentants du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie depuis près de trois ans mais compte tenu de la démission de l’ancienne ministre Maya Hanoomanjee en 2011 et des élections générales en 2010, leurs demandes sont restées sans réponses. Une nouvelle tentative a été initiée l’année dernière et ces anciens étudiants affirment être toujours dans l’attente d’une réponse du ministère.