La réédition de la pièce Tras, écrite par Henri Favory et jouée en 1983, a lieu le mercredi 30 janvier à 14h30 à la municipalité de Port-Louis. L’organisation non-gouvernementale DIS-MOI, propose une publication en créole et en français, dans le but d’en laisser des traces à Maurice et ailleurs…
Tras est une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Henri Favory en 1983. “Dedie a klas travayer”, Tras a été présentée aux quatre coins de Maurice et au Festival de Théâtre à Nancy en France. En participant à la réédition de ce livre, DIS-MOI, association des droits humains de l’océan Indien, créée en 2012 par Linley Couronne, a voulu rendre hommage à ses femmes et hommes qui ont contribué à l’évolution du pays.
Lutte.
Il y a 30 ans, Henri Favory publie ce que Linley Couronne et beaucoup d’autres considèrent comme “un chef-d’oeuvre”. L’objectif du dramaturge : promouvoir la langue créole. Sa source d’inspiration : l’industrie sucrière, pilier de l’économie de Maurice. “Le travail, c’est la source de tout”, affirme Henri Favory. Une réalité qu’il a vécue grâce à ses parents : “Mon papa était mécanicien et ma maman couturière.”
À 72 ans, l’homme de théâtre et ex-enseignant a vu son île évoluer. Il rappelle qu’il y a eu toute une lutte pour parvenir à l’acceptation de la langue créole. “En 2013, il existe des dictionnaires en créole. Mais en 1983, cette langue était méprisée.” Henri Favory ajoute, en guise d’anecdote : “À l’époque, quand on demandait aux autres scénaristes pourquoi ils écrivaient en créole, ils répondaient tous que c’était pour promouvoir cette langue. Moi, je disais que c’était pour promouvoir le théâtre.”
Mérite.
Rééditer Tras en édition bilingue (créole et français) est un “honneur” pour Henri Favory. Cet homme de scène est qualifié de “grand maître dramaturge” par le fondateur de DIS-MOI. “L’association milite pour les droits humains des pays du sud-ouest de l’océan Indien, particulièrement Rodrigues, Madagascar, Comores et Maurice. Cette réédition de Tras est la première activité de l’association”, confie Linley Couronne.
Il y a certes un énorme contraste entre le monde agricole des années 80 et la société capitaliste d’aujourd’hui. “La population mauricienne a besoin de savoir d’où elle vient et où elle va”, souligne Linley Couronne. Il ajoute que son choix s’est porté vers Tras de Henri Favory pour que les gens comprennent mieux le combat des travailleurs de l’industrie sucrière. “Cette édition bilingue mérite d’être publiée parce que Tras est la mémoire de l’île Maurice.”