“2016 nou pa pou dormi. Se ki’nn arive le 30 desam 2015 inn donn nou ankor plis kouraz pou manz ek pirataz. Si fale nou pou dormi lor sime pou aret bann pirat. Sa lane-la nou fer enn dernie forsing”, a déclaré Bruno Raya à Scope au lendemain de la libération sous caution de Kenny Seenien. Comme lui, ils sont nombreux dans la communauté d’artistes à ne pas comprendre comment leurs camarades, qui défendaient leurs droits, ont pu se faire malmener par les autorités. Face à ce qu’ils décrivent comme “une injustice”, les artistes confient qu’ils ne comptent pas se laisser faire. “L’idée est de situer la responsabilité de tout un chacun et de faire comprendre au grand public que le piratage est un crime commis autant par celui qui vend les CD piratés que celui qui les achète”, souligne Zanzak Arjoon. Pour sa part, Bruno Raya avance que “ce qui s’est produit à la veille du Nouvel an a été la goutte d’eau de trop. D’autant que nous constatons que ces marchands de CD piratés ont pu opérer au vu et au su de tous. Les autorités (le ministère de la Culture, la Rights Management Society) et même les membres du public ne font rien pour mettre fin au piratage.”
Bruno Raya qui, aux côtés d’autres artistes, mène un rude combat contre le piratage depuis plus de quinze ans, invite le ministère concerné à appliquer des lois solides et costaudes et surtout à prendre des sanctions pour aider à la survie des artistes. Zanzak Arjoon, lui, estime qu’il faudrait mener une campagne d’éducation et de sensibilisation auprès de la population afin qu’elle comprenne que le piratage est un crime puni par la loi. Parallèlement aux actions personnelles de chacun, un groupe d’artistes envisage de mettre en place un système légal (à travers un panel d’avocats), pour faire une demande de réparation pour coups et blessures sur leurs camarades victimes au cours de l’incident du 30 décembre à la gare du Nord, à Port-Louis. Parmi, se trouvent les hommes de loi Me Jean-Claude Bibi et Me Rama Valayden, qui ont suivi cette affaire depuis le début.
Pour rappel, c’est le mercredi 30 décembre que l’affaire a éclaté à la gare du Nord entre marchands ambulants et artistes locaux. La raison des accrochages : la vente de CD piratés. Mandée sur les lieux, la police avait procédé à l’arrestation du chanteur Dr Boyzini, du producteur Michel Nany, de Kenny Seenien, de Marvin Coret et d’Axel Emilien. Alors que Dr Boyzini a été admis à l’hôpital du Nord après avoir reçu des coups, Kenny Seenien, blessé au bras, a dû subir une intervention. À l’exception de ce dernier, tous ont été présentés en cour, le 31 décembre. C’est dans la journée du lundi 4 janvier que Kenny Seenien, comme les autres, a été relâché sous caution après leur parution en cour.
À la suite des incidents du 30 décembre, un élan de solidarité a pris corps parmi la communauté d’artistes. Plusieurs d’entre eux se sont réunis pour témoigner leur soutien à leurs camarades.
Contacté pour une déclaration sur cette affaire, le ministre des Arts et de la Culture, Dan Baboo, n’était pas disponible.