Deux des douze présumés pirates somaliens, à savoir les accusés Nos 1 et 2, Abdoulakader Mohamed Ali, âgé de 22 ans, et Said Mohamed Hassan (23 ans), avaient lors de leur première comparution en Cour intermédiaire, il y deux semaines, demandé à bénéficier d’un procès séparé de celui de leurs compatriotes. Dans la motion présentée par leurs hommes de loi, Mes Kahpeeldev Raghoonundan et Ashok Radhakeessoon, ils expliquent qu’ils auraient donné lors de leurs interrogatoires par les enquêteurs mauriciens des versions différentes de ce qui s’est produit le 5 janvier 2013, alors qu’ils se trouvaient en haute mer. Les débats autour de cette motion reprennent ce mercredi devant la magistrate Véronique Kwok Yin Siong Yen et Azam Neeroa.
Les douze accusés, hormis le N° 8, Ali Hassan Mohamed (21 ans), absent en cour pour des raisons de santé, avaient comparu devant la magistrate Véronique Kwok Yin Siong Yen, présidente de la division criminelle de la Cour intermédiaire, et le magistrat Azam Neeroa. Leurs avocats respectifs, Mes Kahpeeldev Raghoonundan et Ashok Radhakeessoon, ont présenté une motion hier à la demande de leurs clients pour que ces derniers bénéficient d’un procès séparé, du fait qu’ils auraient donné lors de leurs interrogatoires par les enquêteurs mauriciens des versions différentes des autres de ce qui s’est produit le 5 janvier 2013, alors qu’ils se trouvaient en haute mer et que le MJS Jasmine, bateau battant pavillon de la République française, avait été attaqué par des pirates. Me Sulakshana Beeharry-Sunassee, qui représentait la poursuite, a objecté à cette motion. Les débats ont été fixés à mercredi.
Rappelons que le Directeur des poursuites publiques a ordonné des poursuites judiciaires contre les 12 présumés pirates somaliens arrêtés en janvier lors d’une opération de l’European Union Naval Force. Ils sont accusés d’« act of piracy on high seas » en violation aux articles 3 (1) (a), 3 (3) et 7 de la Maritime Violence Act 2011.
Selon les données de l’enquête, Abdoulakader Mohamed Ali (22 ans), Said Mohamed Hassan (23 ans), Ahmed Mohamed Ismael (27 ans), Shafi Mohamed Osman (22 ans), Hassan Salad Omar (25 ans), Said Omar Farah (22 ans), Mohamed Abdilahi Ahmed (45 ans), Ali Hassan Mohamed (21 ans), Abdi Mohamed Kidiye (37 ans), Abdi Ahmed Yussuf (20 ans), Abdillahi Mohamed Ahmed (24 ans) et Mahad Mohamed Ibrahim (21 ans) ont été appréhendés à environ 240 milles nautiques de la côte de la Somalie lors d’une opération de l’European Union Naval Force. Le capitaine du MSC Jasmine avait déclaré qu’ils s’apprêtaient à attaquer son navire. Il a alors lancé des signaux de détresse et l’hélicoptère américain, Heartache, qui se trouvait dans les parages, est intervenu. Des soldats américains ont arrêté les 12 présumés pirates qui avaient deux bateaux à leur disposition. Des armes, des échelles et de l’attirail utilisé par les pirates ont été saisis. Les 12 suspects ont cependant nié être des pirates, avançant n’être que de simples pêcheurs.
Suite à un accord entre l’European Union Naval Force et le gouvernement mauricien, une demande a été faite pour leur transfèrement à Maurice le 24 janvier. Ce jour-là, tout un dispositif avait été mis en place pour assurer que les douze présumés pirates somaliens débarquent sans encombre à Maurice. Ils sont venus sous forte escorte en provenance de Djibouti à bord d’un appareil 5Y – BRX, spécialement affrété, qui a fait escale à Madagascar en cours d’après-midi lors de ce trajet de six heures environ. Cette opération s’est déroulée selon le protocole établi dans le cadre de la European Union Operation ATALANTA dans la lutte contre la piraterie dans cette partie de l’océan Indien, notamment au large des côtes de la Somalie. Pas moins d’une centaine de membres de différentes sections de la force policière, ont été déployés dans l’enceinte du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport la veille dans la soirée. Deux observateurs étrangers, le lieutenant commandant de la Royal Navy, John Simpson, Liaison Officer pour Maurice et les Seychelles basé à Mahé, et le Logistics Manager du Counter Piracy Programme du United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), avaient fait le déplacement à Maurice afin d’assurer la supervision des opérations de transfèrement de détenus somaliens.