En ce début de semaine, qui sera consacré au sommet de Lancaster House sur le problème de la piraterie en Somalie avec le Premier ministre Navin Ramgoolam à Londres à cet effet, les autorités mauriciennes étaient en état d’alerte à la suite d’une alerte aux pirates navigant sur un bateau prétendument battant pavillon mauricien. Depuis samedi, l’archipel des Comores a été confronté avec la présence dans ses eaux territoriales d’un navire avec une dizaine de Security Officers de nationalité kenyane et un patron bulgare. Plus grave est le fait qu’à bord de ce bateau se trouvait une forte quantité d’armes de gros calibre, dont des Kalachnikov.
L’une des premières informations circulées est que le prétendu bateau pirate battait pavillon mauricien. Or, à la mi-journée, les responsables de la sécurité à Port-Louis n’étaient toujours pas en présence d’indications officielles susceptibles de confirmer le port d’enregistrement de ce bateau. « Depuis le début de cette affaire, nous avons établi des contacts avec nos collègues de la sécurité aux Comores pour de plus amples détails et pour collaborer en vue de faire avancer l’enquête. Nous nous attendions à recevoir un rapport complet à ce matin. Mais les autorités comoriennes nous ont fait savoir qu’il faudrait patienter quelque peu encore », fait-on comprendre dans les milieux autorisés.
Plus de quarante-huit heures après l’arraisonnement de ce bateau avec des armes, il devient de moins en moins évident que le bateau battrait pavillon mauricien. Mais les autorités préfèrent attendre tous les détails pour des dernières vérifications dans les registres maritimes de Port-Louis avant de clore le dossier. Néanmoins, les craintes initiales exprimées par Moroni quant à une éventuelle participation des membres d’équipage avec leurs armes de gros calibre à un coup d’État aux Comores se sont estompées.
Les dernières informations émanant des Comores et également du quotidien Alwatan tendent à accréditer la thèse que l’équipage de nationalité kenyane avait été recruté pour assurer l’escorte d’un autre navire avec une cargaison, qui aurait pu faire l’objet d’attaque de la part des pirates. Le quotidien comorien Alwatan souligne dans son édition d’hier qu’« à en croire le chef de la sécurité et de la sûreté portuaire Ali Mohamed, “la capitainerie a demandé aux personnes à bord afin de s’identifier sans succès”. Au moment où ils ont décidé de nous répondre, c’était pour nous dire qu’ils étaient là pour secourir un bateau qui se rendait à Mombassa via Moroni . Tout en refusant de s’identifier, malgré plusieurs tentatives de la capitainerie, elles ont répondu qu’elles allaient s’éloigner à deux miles de la zone du port de Moroni pour stationner et ont pris cap vers le Sud. Nous avons donc, immédiatement, alerté les garde-côtes », a déclaré Mohamed Saïd Salim Dahalani.
Les responsables de la sécurité aux Comores, méfiants de cette présence des plus suspectes de ce bateau, ont ordonné aux garde-côtes de monter une opération de perquisition à bord, d’où la découverte d’une importante quantité d’armes. Les membres d’équipage et le commandant bulgare ont été placés en garde à vue en l’absence de papiers d’identification en leur possession. Le quotidien Alwatan ajoute que les Kenyans et le Bulgare étaient encore entre les mains des gendarmes alors que d’autres sources affirmaient que le procureur des Comores Youssouf Ali Djaé a réclamé l’ouverture d’une enquête de fond sur la présence de ce bateau au large de Moroni samedi.
Le Premier ministre se trouve depuis lundi à Londres où il participera à la conférence internationale sur la piraterie à l’invitation de son homologue anglais David Cameron. « La piraterie représente une menace directe pour le développement des pays de la région. Maurice s’est activement engagée avec les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine dans le combat contre ce fléau. La sécurité, la stabilité, le retour à l’ordre institutionnel et démocratique en Somalie sont parmi les sujets qui seront abordés », note un commuiqué émis par le service de presse du Premier ministre.
Le secrétaire général des Nations unies Ban ki-Moon, la secrétaire d’État américain Hillary Clinton et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso sont également annoncés à ce sommet de Londres sur la piraterie dans l’océan Indien.