Le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac, a fait mention, ce matin, d’un cas allégué de piraterie par des pirates somaliens qui aurait eu lieu hier soir au large des Seychelles. Sept pêcheurs somaliens auraient été pris en otages, a-t-il déclaré au début de son intervention consacrée à la piraterie maritime devant l’assemblée parlementaire paritaire ACP/Union européenne. L’information n’avait toutefois pas été confirmée.
Le secrétaire de la COI intervenait dans le cadre de la session consacrée aux enjeux de paix et de sécurité dans la région, qui a aussi vu l’intervention de Guy Samzun, chef par intérim de la Délégation de l’Union européenne à Maurice, qui a estimé que la lutte contre la piraterie ne pourra être remportée que par le peuple somalien sur le sol somalien.
Jean-Claude de l’Estrac a insisté sur l’importance de la desserte maritime pour le développement économique de îles de la région du sud-ouest de l’océan Indien. « Or depuis quelques années l’océan Indien occidental a été frappé par l’irruption du phénomène de la piraterie, née de la désagrégation de la Somalie ». Il a évoqué les conséquences de la piraterie sur les économies des pays de la région qui est responsable du renchérissement du coût du transport maritime, du détournement de trafic ainsi que la diminution d’activités touristiques. Il a rappelé que des citoyens États membres de la COI ont également été pris en otage.
Selon Jean-Claude de l’Estrac, la crise induite par la piraterie somalienne a révélé la dépendance de notre région à l’égard des pourvoyeurs extérieurs de sécurité dont l’Union européenne, l’OTAN et autres coalition de circonstance.
Il a expliqué que la COI est activement engagée dans la mise en oeuvre de cette stratégie qui participe à l’édification d’une architecture de sécurité maritime régionale à l’échelle du grand océan Indien. C’est dans ce contexte que la COI a créé une unité d’anti piraterie basée aux Seychelles. Il a annoncé que la sécurité maritime régionale s’appuiera sur un système d’échange d’informations et de suivi maritimes, sur des processus de coopération opérationnelle et de formation. Ces systèmes devront probablement être formalisés dans le cadre d’un accord régional de coopération. Jean-Claude de l’Estrac a également annoncé que la COI oeuvre actuellement à la création de certains éléments clés de cette future organisation, notamment la mise en place d’un processus de coopération opérationnelle dans l’ouest de l’océan Indien et la création d’un système de suivi d’échange d’information maritime et de suivi du trafic maritime destiné à garantir la sécurité des grandes routes maritimes et les espaces adjacents.
Le chef par intérim de la délégation de la Commission européenne est aussi intervenu pour expliquer les efforts déployés par l’Union européenne pour combattre la piraterie dans la région. Il estime que la communauté internationale doit maintenir le momentum dans le cadre de la lutte contre la piraterie. Selon lui, « la lutte contre la piraterie ne pourra être remportée que par le peuple somalien sur le sol somalien ». Il est par conséquent urgent de créer des interfaces en vue de faciliter les investissements du secteur privé en Somalie.
Cette session a donné lieu à une série de questions de la part des parlementaires. Le chef par intérim de la délégation européenne a expliqué que douze pirates présumés sont actuellement poursuivis à Maurice où ils ont été transférés depuis janvier de l’année dernière. Il a expliqué que le procès est actuellement en cour et prend un peu plus de temps à Maurice qu’aux Seychelles en raison des procédures judiciaires.
Nita Deerpalsing est également intervenue pour parler des disposition prises par Maurice pour combattre la piraterie dans la région de l’océan Indien et a dans ce contexte investi d’importantes sommes d’argent, bien que cette démarche n’est pas bien comprise par la population.
L’Assemblée parlementaire paritaire s’est ouverte hier et a été dominée par l’appel du président de la République demandant à l’Union européenne de revoir la décision d’abolir les quotas sucriers internes. Selon lui, avec l’élimination des quotas, la production sucrière européenne connaîtra une augmentation sensible avec pour effet que le prix du sucre pourrait tomber à 400 euros la tonne (Rs 16 000). Il avait, par la même occasion, déploré la baisse sensible des allocations destinées à Maurice dans le cadre du Programme indicatif national « on account of the application by EU of the principle of differentiation ». « We believe that the specific vulnerabilities of Small Island Developing States have not been fully addressed ». Il a rappelé que Maurice bénéficie de l’aide des bailleurs de fonds pour permettre au pays de passer à un autre niveau de son développement et pour relever les défis auxquels il est confronté. Ces questions ont été reprises par le Nita Deerpalsing lors de son intervention dans le cadre de la session de travail consacrée à l’intégration et la coopération régionales.