Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM qualifie « d’enfantin » le comportement du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, mardi dernier, à l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi sur la piraterie somalienne. Il soutient que son collègue du MMM, Veda Baloomoody et lui même avaient raison de réclamer copie de l’accord conclu entre l’Union européenne (UE) et le gouvernement mauricien sur la question. Le leader de l’opposition évoque les « risques énormes » que représente l’incarcération des pirates somaliens qui auront été condamné à la prison de Beau-Bassin en attendant qu’une prison spéciale à leur intention ne soit construite.
M. Bérenger dénonce l’attitude du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, à l’Assemblée nationale, mardi dernier, lors de l’examen du projet de loi sur la piraterie somalienne. Il qualifie le comportement du chef du gouvernement à cette occasion « d’enfantin » et trouve que ce dernier a, en même temps, « manqué du respect » pour le parlement. Le chef de l’opposition trouve que ses remarques à l’adresse du député de l’opposition MMM, Veda Baloomoody étaient « inacceptables ». « Nous ne pouvions rester dans l’hémicycle après de telles remarques », dit-il.
Il trouve que l’on a « add insult to injury » quand cette loi sur la piratirie somalienne a été votée en l’absence des députés de l’opposition et que les travaux se sont aussi poursuivis sans débats sur la réforme du Global Cess et la compensation salariale avant qu’ils ne soient ajournés au 20 mars de l’année prochaine. Par rapport, particulièrement, à la piratirie somalienne, Paul Bérenger soutient que Veda Baloomoody et lui-même avait raison de réclamer copie de l’accord conclu sur le sujet entre l’Union européenne (UE) et le gouvernement mauricien. (A ce propos, M. Baloomoody devait préciser à Week-End que le rapport concerné n’a pas été remis aux parlementaires mais que, sur sa demande, le personnel du secrétariat de l’Assemblée nationale le lui a remis une copie).
M. Bérenger explique qu’il était, au départ, question qu’un tribunal spécial était supposé juger les pirates somaliens qui allaient être incarcérés dans une prison spéciale. En attendant, dit-il, c’est à la prison de Beau-Bassin « avec des risques énormes », que ces derniers seront enfermés alors qu’ils passeront devant une cour « ordinaire ». Dans le cas de la réforme du Cess, il explique avoir pris la peine de rencontrer le front syndical des employés des organismes de support concernés de l’industrie sucrière qui sont « extrêmement inquiets » de leur avenir. Aussi, le vote de la loi y relative sans débats constitue, pour le leader de l’opposition, « un manque de respect envers ces employés ».
Il trouve, d’autre part, comme « l’illustration de l’incompétence et de l’irresponsabilité du gouvernement » le renvoi au 20 mars des travaux du parlement. Paul Bérenger cite, à cet effet, le vote attendu de la loi sur les chiens féroces qui devra attendre. Il rappelle, à ce propos, que mardi même, à l’Assemblée nationale, l’on aura appris que du 1er janvier au 8 décembre de cette année, il y a eu 142 cas rapportés d’attaques de chiens féroces, « particulièrement des Rottwiler sur des enfants ». Après que le gouvernement aura, selon lui, « bâclé » le travail pour voter le dernier budget, rien ne pressait, en substance, pour que l’Assemblée nationale soit ajourné si brusquement. Paul Bérenger trouve qu’il restait la possibilité de deux nouvelles sessions vendredi et mardi.
Il se dit, en revanche, fier, du travail de l’opposition MMM avec, notamment, ses 36 PNQ « allant de l’affaire MedPoint aux prix des carburants et sur la STC » de même que son total de 1149 interpellations adressées aux ministres et des 81 problèmes soulevés à l’ajournement. Revenant à sa dernière PNQ, M. Bérenger condamne le refus du gouvernement de baisser les prix des carburants. Il souligne, à ce propos, que le cour du brut qui était de $ 130 en avril 2011 est baissé à $ 106 en novembre 2011.
« Au moins Pravind Jugnauth, quand il était ministre des Finances a, lui, baissé de Rs 3.00 la surcharge par litre imposée aux consommateurs pour les hedging losses de Rs 4.5 milliards qu’il nous reste encore Rs 900 millions à rembourser », constate-t-il. Selon lui, c’est le gouvernement qui aurait dû prendre à sa charge dans le budget du repaiement de ces pertes « et cesser de puiser des poches des consommateurs ». Paul Bérenger trouve que l’on aura aussi refusé de dire si à cause de ce qu’il appelle « l’affaire Betamax », les consommateurs paient les carburants plus chers.
Le leader de l’opposition s’insurge, par ailleurs, contre ce qu’il estime être l’absence de prévision fiable quant à l’incidence des intempéries sur la fourniture d’électricité. Il souligne que la station météorologique réclame, « depuis des années » le remplacement de son vieux radar et qu’à ce jour, rien n’a été fait. Il explique que la dernière estimation faite du coût d’un tel remplacement se chiffrait, il y a trois ans, à « un malheureux Rs 120 millions que l’on n’a pu trouver ». Le résultat, dit-il, aura été, cette semaine, un black-out total dû à des pluies et à un orage que l’on a pas prévu.
Paul Bérenger soutient que dans les « pays sérieux », il existe un système automatique de protection contre les orages localisés. Il trouve, en sus, que l’on aura pris « des heures » pour rétablir la situation en raison, dit-il, du fait qu’un Senior Engineer est parmi la dizaine d’ingénieurs du Central Electricity Board (CEB) suspendus. Il trouve qu’avec un tel manque d’encadrement technique, le travail n’a pu se faire comme il se doit sur le terrain. Le leader de l’opposition évoque aussi des ingérences pour le rétablissement de la fourniture de l’énergie électrique après cette panne. Il juge aussi qu’il n’est « pas normal » que ce son M. Hébrard, le Numéro 2 du CEB « qui a été bien victimisé » qui soit chargé d’enquêter sur toute cette affaire de panne.
Parlant d’Air Mauritius, Paul Bérenger trouve que la compagnie nationale d’aviation est « en grande difficulté financière ». Aussi demande-t-il au gouvernement de « tirer les leçons » de ce qui s’est passé aux Seychelles où, affirme-t-il, sous la pression de lobbies locaux et internationaux, les autorités de ce pays ont complètement ouvert l’espace aérien. A tel enseigne que des compagnies comme Emirates Ariline et Qatar Airlines ont nettement augmenté leurs vols quotidiens.
Cela, dit-il, aura été « une catastrophe » pour Air Seychelles, contraint d’arrêter ses vols sur Chennai, Singapour, Londres, Paris et Milan avec, notamment, des menaces de licenciements. Alors que, selon lui, un « intense lobby » est aussi exercé localement pour la libéralisation de l’espace aérien, Paul Bérenger appelle le gouvernement a tenir en compte l’équilibre qui convient entre, d’une part, l’impératif d’accroître le nombre de touristes à destination de notre île et la nécessité de ne pas « tuer » Air Mauritius.
Commentant le récent Sommet de l’Environnement à Durban, le leader de l’opposition trouve que même si l’on aura « frôlé la catastrophe », l’accord intervenu à la dernière minute, bien qu’insuffisant, est le mieux auquel l’on pouvait parvenir en la circonstance. « Le fait d’avoir évité la catastrophe est déjà beaucoup. Cela a permis de prolonger le Protocole de Kyoto et de tomber d’accord pour que le prochain accord couvre l’ensemble des pays ». Selon lui, il faudra observer comment vont réagir l’Inde, la Chine et les Etats-Unis pour savoir comment le prochain Traité sera affecté. M. Bérenger déplore, par ailleurs, le retrait du Canada du Protocole de Kyoto après cet accord de Durban.
A l’heure des questions, le leader du MMM réitère qu’il n’y a aucun rapprochement entre le MMM et le PTr et que le remake de 2000 MSM//MMM est toujours en considération. Il devait aussi révéler que, selon ce que lui a confié le Dr Navin Ramgoolam, le rapport du comité Carcassonne sur la réforme électorale devait être soumis hier, le 17 décembre.