La première audience du procès qu’intente le bureau du Directeur des poursuites publiques à douze ressortissants somaliens, accusés d’avoir commis un acte de piraterie en haute mer en violation aux articles 3 (1) (a), 3 (3) et 7 de la Maritime Violence Act 2011, qui devait débuter ce matin devant les magistrats Wendy Rangan et Azam Neerooa, a été renvoyée à mercredi. Ali Hassan Mohamed, accusé N° 8, a été admis à l’hôpital Jeetoo alors qu’on le transportait en Cour pour sa comparution. C’est la deuxième fois que le même accusé est pris de malaise.Alors que les douze présumés pirates somaliens étaient en route pour leur comparution en Cour intermédiaire ce matin, l’un deux a été pris d’un malaise. Transporté à l’hôpital Jeetoo, il a été admis à la Cardiac Unit. Il sera probablement transporté à l’hôpital Rose-Belle. À noter que c’est la deuxième fois qu’Ali Hassan Mohamed est malade le jour de sa comparution en cour. Son avocat, Me Navin Ramchurn qui a pris connaissance de cette situation alors qu’il était déjà en cour, a déclaré qu’il allait s’enquérir de la situation. Le procès a été renvoyé pour mercredi.
Rappelons par ailleurs que deux des douze présumés pirates somaliens, à savoir les accusés Nos 1 et 2, Abdoulakader Mohamed Ali, âgé de 22 ans, et Said Mohamed Hassan (23 ans), avaient lors de leur première comparution en Cour intermédiaire demandé à bénéficier d’un procès séparé de celui de leurs compatriotes. Dans la motion présentée par leurs hommes de loi, Mes Kahpeeldev Raghoonundan et Ashok Radhakeessoon, ils ont expliqué avoir donné lors de leurs interrogatoires par les enquêteurs mauriciens des versions différentes de ce qui s’est produit le 5 janvier 2013, alors qu’ils se trouvaient en haute mer.
Les douze accusés, hormis le N° 8, Ali Hassan Mohamed (21 ans), ont comparu ce matin devant la magistrate Wendy Rangan et le magistrat Azam Neeroa. Rappelons que le Directeur des poursuites publiques a ordonné des poursuites judiciaires contre les 12 présumés pirates somaliens arrêtés en janvier lors d’une opération de l’European Union Naval Force. Ils sont accusés d’« act of piracy on high seas » en violation des articles 3 (1) (a), 3 (3) et 7 de la Maritime Violence Act 2011. Selon les données de l’enquête, Abdoulakader Mohamed Ali (22 ans), Said Mohamed Hassan (23 ans), Ahmed Mohamed Ismael (27 ans), Shafi Mohamed Osman (22 ans), Hassan Salad Omar (25 ans), Said Omar Farah (22 ans), Mohamed Abdilahi Ahmed (45 ans), Ali Hassan Mohamed (21 ans), Abdi Mohamed Kidiye (37 ans), Abdi Ahmed Yussuf (20 ans), Abdillahi Mohamed Ahmed (24 ans) et Mahad Mohamed Ibrahim (21 ans) ont été appréhendés à environ 240 milles nautiques de la côte de la Somalie lors d’une opération de l’European Union Naval Force. Le capitaine du MSC Jasmine avait déclaré qu’ils s’apprêtaient à attaquer son navire. Il a alors lancé des signaux de détresse et l’hélicoptère américain, Heartache, qui se trouvait dans les parages, est intervenu. Des soldats américains ont arrêté les 12 présumés pirates qui avaient deux bateaux à leur disposition. Des armes, des échelles et de l’attirail utilisé par les pirates ont été saisis. Les 12 suspects ont cependant nié être des pirates, avançant n’être que de simples pêcheurs.
Suite à un accord entre l’European Union Naval Force et le gouvernement mauricien, une demande a été faite pour leur transfèrement à Maurice le 24 janvier. Ce jour-là, tout un dispositif avait été mis en place pour assurer que les douze présumés pirates somaliens débarquent sans encombre à Maurice. Ils sont venus sous forte escorte en provenance de Djibouti à bord d’un appareil 5Y – BRX, spécialement affrété, qui a fait escale à Madagascar en cours d’après-midi lors de ce trajet de six heures environ. Cette opération s’est déroulée selon le protocole établi dans le cadre de la European Union Operation ATALANTA dans la lutte contre la piraterie dans cette partie de l’océan Indien, notamment au large des côtes de la Somalie. Pas moins d’une centaine de membres de différentes sections de la force policière, ont été déployés dans l’enceinte du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport la veille dans la soirée. Deux observateurs étrangers, le lieutenant commandant de la Royal Navy, John Simpson, Liaison Officer pour Maurice et les Seychelles basé à Mahé, et le Logistics Manager du Counter Piracy Programme du United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), avaient fait le déplacement à Maurice afin d’assurer la supervision des opérations de transfèrement de détenus somaliens.