Le procès intenté aux pirates somaliens, sous le chef d’accusation de « act of piracy on high seas », a repris ce matin devant les magistrats Wendy Rangan et Azam Neerooa. Le témoin appelé à la barre, Sean Sohun, Forensic Scientist, a révélé qu’un des vêtements d’un accusé, Abdi Ahmed Yussuf, a été contrôlé positif à des résidus de poudre.
Au début du procès, la poursuite – représentée par Me Shakeel Bhoyroo – a tenu à faire part à la cour que l’absence répétée de quelques avocats de la défense causerait préjudice aux autres hommes de loi et affecterait la bonne tenue du procès. La poursuite a ensuite déclaré que les témoins étrangers assignés à comparaître n’ont pas pu faire le déplacement afin d’être présent en cour ce matin. C’est alors que la défense a réagit en déclarant que les autorités ayant interpellé les pirates présumés, et qui les ont emmenés à Maurice pour être jugés, « ne font pas le nécessaire » pour indiquer la marche à suivre afin que le procès se passe dans les conditions adéquates. La défense déplore le manque de communication de la part des autorités qui n’ont pas expliqué comment il procèderont, ni au cours du procès, ni lorsque ce dernier sera terminé. La magistrate a alors demandé à la poursuite de fournir dès demain la liste des témoins étrangers assignés à comparaître et quand ceux-ci seront appelés en cour. Il lui a aussi été demandé de se justifier si l’un deux s’avérait être absent.
Le Forensic Scientist Sean Sohun, seul témoin appelé à la barre ce matin, a confirmé, lors de son interrogatoire, que le Forensic Science Laboratory (FSL) avait reçu, en janvier 2013, 12 pièces à conviction pour être examinées. Leur analyse a révélé qu’un gilet de couleur crème, appartenant à l’accusé No 10, en l’occurrence Abdi Ahmed Yussuf, avait été contrôlé « positif » à des résidus de coups de feu. Répondant à une question de la poursuite concernant la provenance de ses résidus, l’officier de la FSL devait répondre que ceux-ci peuvent résulter d’un contact avec une arme à feu voire du contact avec les soldats les ayant interpellés sur le bateau. L’officier a ajouté que si les gants ou les vêtements des soldats qui ont interpellés les pirates n’ont pas été lavés, il est possible qu’il y ait eu contamination. L’officier de la FSL a ajouté que les tests ADN effectués grâce à des échantillons prélevés sur ledit gilet ont révélé qu’Abdi Ahmed Yussuf est bien le propriétaire du vêtement. Suite à une question de la défense concernant le temps qu’un résidu de poudre peut rester sur un vêtement, l’officier de la FSL a déclaré ne pas le savoir, ajoutant que sur des mains, ces résidus peuvent rester entre 4 à 5 heures.
La défense a alors demandé à l’officier s’il est possible qu’une personne portant une arme à feu puisse projeter des résidus sur une autre si elles se trouvent à proximité. Ce à quoi l’officier a répondu par l’affirmative. Le procès a été ajourné à demain matin.