Ce mercredi, le Mauritius Pride quitte Maurice pour Agaléga. En marge de ce départ, des représentants de la communauté agaléenne à Maurice lancent un énième appel aux autorités mauriciennes: « Démarrez les travaux pour ouvrir la piste d’atterrissage à Agaléga! » Cela fait des années qu’ils réclament l’ouverture de la piste. « Que doit-on faire pour que les autorités prennent enfin conscience que nous avons besoin d’une piste atterrissage à Agaléga? », se demandent des membres de l’Association des Amis d’Agaléga (AAA). Loin de s’arrêter à cette question, ces derniers réfléchissent sur des actions à entreprendre pour interpeler le gouvernement sur l’urgence de l’ouverture de la piste atterrissage qui se trouve sur l’île du Nord. Les Agaléens rencontrés vendredi dernier, se disent las d’attendre, c’est pour cette raison qu’ils étudient les mouvements qui pourraient, selon eux forcer les autorités à accélérer les travaux en vue d’ouvrir la piste. « En 2011, un budget a été voté à cet effet. Depuis, c’est le statu quo! Quant au dernier budget, Agaléga n’y figure même pas! », constate Laval Soopramanien, le président de l’association. Ce dernier explique qu’il ne peut attribuer « le désintérêt » dont Agaléga serait victime à l’Outer Islands Development Corporation. « L’OIDC n’est qu’un exécutant! Il incombe au gouvernement de développer cette piste, » précise-t-il. Entouré de  Robert Mélis, Joël, Arnaud et Franco Poulay, le président des Amis d’Agaléga, explique: « Avec une piste fermée, aucun ministère, aucune organisation non gouvernementale et autres parties désireux de développer l’île, ne peut le faire. A cause de cela, l’hôpital en paie les frais! L’école primaire est privé du programme Sankoré (ndlr: concept soutenu par des tableaux interactifs, lancé dans les écoles de Maurice). » Pour les autres membres de l’association,  » Agaléga reste en marge du développement par manque d’intérêt pour l’île et ses habitants. »  Une piste d’atterrissage, insistent-ils, facilitera, non seulement les déplacements des Agaléens vers Maurice, mais améliorera également les conditions de vie des habitants sur place. « A l’approche des élections, nos dirigeants et députés doivent se rappeler que la communauté agaléenne à Maurice est composée d’une population de 15 000 personnes. Il est regrettable de dire que nos députés agissent comme si nous n’existons pas à leurs yeux », scande Laval Soopramanien. De son côté, Arnaud Poulay fait ressortir que la rareté des questions parlementaires démontrent l’indifférence des députés à l’égard d’Agaléga. « Il est sans doute grand temps que nous ayons un député agaléen à l’Assemblée, voire un Agaléen comme Resident Manager », ajoute Laval Soopramanien.
Par ailleurs, les Agaléens rappellent que plusieurs problèmes, dont certains d’ordre social, n’ont pas été résolus. Il s’agit, entre autres du logement, de la formation à l’emploi, de l’aménagement d’une boulangerie dans l’île du Sud, du renforcement du secteur de la pêche, du développement de l’artisanat, du recrutement des Agaléens pour des postes vacants dans l’île… D’autre part, l’association demande de meilleures conditions de stockage des denrées alimentaires et une chambre froide dans l’île. Elle souhaite aussi que les autorités appliquent un système de contrôle sur les produits alimentaires en fin de stock, pour éviter des pénuries. Elle voudrait que les autorités s’assurent que des légumes soient davantage disponible sur place pour les habitants.