Gris-Gris est une plage pittoresque prisée tout autant par les Mauriciens, Souillacois et touristes pour son côté sauvage et hors du commun. Caractérisée par ses falaises et le sable fin qu’on y trouve, c’est un lieu tranquille et idéal pour les promenades. Une balade dans le village colonial de Souillac peut également être l’occasion de nombreuses découvertes.
Du haut de la falaise, on peut apercevoir le déroulé d’une côte splendide. Ici, les promenades se font au grand air et le vent souffle parfois très fort. Quand la mer se déchaîne, de hautes vagues viennent se briser directement sur les rochers, offrant un spectacle fascinant. Ces vagues sont en perpétuel mouvement à La Roche qui Pleure – qui tire son nom du fait que leur battement continu sur les flancs de la falaise donne l’impression que celle-ci pleure –, très fréquentée par les touristes. Dans un de ses poèmes, le poète Robert Edward Hart décrit le son ces vagues comme « la collision des eaux et des roches qui résonnent comme des coups de canon ».
À Gris-Gris, on accède à la mer par un escalier taillé à même la falaise. Pour ceux qui veulent apprécier le spectacle offert par La Roche qui Pleure, deux accès sont possibles : en premier lieu, en passant directement par la plage, ou alors en empruntant le chemin qui se trouve sur la gauche à l’entrée de Gris-Gris, qui demande quelques minutes de marche. Cette route est empruntée par les habitants de la localité depuis un siècle. Les travaux pour la construction d’un morcellement, actuellement en cours, font l’objet d’un litige entre promoteurs et Souillacois.
Au bout de la route, le Foyer de l’Unité accueille régulièrement des retraites spirituelles. Du sommet de la falaise, on peut admirer la violence de la houle  terminant sa course contre ses parois, et parfois même apercevoir les vagues remonter en geysers entre les rochers déchiquetés.
Pour les touristes ayant d’abord visité des plages plus paisibles du pays, le changement de décor est radical. Pas d’hôtels, d’animations ou de bateaux qui se serrent les uns contre les autres. Gris-Gris est une plage dont l’aspect sauvage est préservé. En cas de petit creux, des petits restaurants au bord de la route proposent des menus variés que l’on peut savourer sur place ou sous le petit kiosque installé sur la falaise.
À Souillac, la population semble assez oisive, heureuse de vivre et de prendre son temps, et paraît profiter à loisir des bienfaits offerts par la nature. Les après-midis, certains vont immanquablement se promener en empruntant le sentier qui serpente entre les filaos pour aboutir à La Roche qui Pleure. Ou encore se reposer à l’ombre d’un grand banyan au Jardin Telfair, qui doit son nom au naturaliste Charles Telfair, ayant également développé le domaine sucrier de Bel Ombre.
En débarquant dans le village de Souillac, on s’engage dans des rues qui nous font remonter le temps vers les racines de l’époque coloniale. Le visiteur attentif aura ainsi droit à des cours d’Histoire gratuits : la petite église St-Jacques construite en 1853, faisant face à la mer et qui donne un cachet exceptionnel au village, la Cour de District où logeaient autrefois des soldats, les bâtiments de l’ancienne gare ferroviaire construite en 1877…
Au cours de la même époque, un autre développement majeur a eu lieu : l’installation des chemins de fer, reliant Souillac à Rose-Belle en janvier 1878. À la gare commenceront à fonctionner les bureaux de poste et du télégraphe. Si la voie ferroviaire allait en général faciliter le transport du sucre, certaines sucreries éloignées continueront cependant à expédier leurs produits par la mer.
Un siècle plus tôt, lorsque Savanne devient le refuge des esclaves qui fuyaient les propriétés, ces derniers s’emparent du poste militaire. Devant le poste de police, on peut ainsi lire sur un écriteau : Au XVIIIe siècle, ce bâtiment servait de logement aux esclaves qui travaillaient sur les plantations sucrières. Chaque matin, ils empruntaient le sentier qui longe la côte et menait au batelage. Au XIXe siècle, ce bâtiment devait être utilisé comme lieu de repos pour les voyageurs descendant des trains. Par la suite, le poste de police et d’autres services administratifs s’y sont installés.
Ainsi, au fil des années, Souillac a disposé d’un hôpital, d’un tribunal, d’une gare ferroviaire, d’un bureau de poste et d’autres nombreux services. Plus récemment, un nouvel hôpital est venu remplacer l’ancien établissement délabré.
Une autre rue un peu plus haut permet de rejoindre La Nef, l’ancienne demeure de Robert Edward Hart aujourd’hui transformée en musée. Le poète avait d’abord vécu dans à peu près toutes les villes et tous les villages de l’île avant de finalement venir se retirer à Souillac. C’est après avoir pris sa retraite – il avait été le conservateur du Mauritius Institute – qu’il s’y installe en 1941. D’abord dans un vieux campement coiffé de paille, puis dans la seule chambre encore habitable, le passage d’un cyclone ayant ravagé le reste de la maison. Ce n’est que des mois plus tard qu’a été construite la maison de corail (« La Nef », comme il devait l’appeler), devenue aujourd’hui le Musée Robert Edward Hart. C’est là qu’il écrit ses dernières oeuvres, dont le Journal de Souillac et Plénitudes.
Depuis 1987, le village de Souillac et la ville de Souillac en France, dans le département du Lot, ont été jumelés. Ce partenariat réussi est une initiative conjointe du mauricien Armand Maudave et du comte de Montferrand, un des descendants du vicomte de Souillac. C’est ainsi que des habitants des deux localités se retrouvent souvent en France ou à Maurice pour partager et célébrer divers événements. En 2007, un buste du vicomte de Souillac (gouverneur de l’Île de France de 1779 à 1787) a été inauguré au Batelage pour marquer le vingtième anniversaire de ce jumelage.
Le Batelage, c’est l’ancien port de Souillac. Le débarcadère a été rénové et réaménagé pour servir d’appontement pour les pirogues des pêcheurs locaux. Le bâtiment près du port, qui servait à l’origine d’entrepôt pour le sucre et d’autres produits, a lui aussi été réhabilité. Il abrite aujourd’hui la salle de réunion du Conseil du village. Une partie du bâtiment est utilisée par la National Coast Guard et la dernière a été convertie en un restaurant nommé Le Batelage.