Le mercredi 27 avril, une inconnue se serait fait passer pour une officière de la Brigade pour la Protection des Mineurs auprès d’une collégienne de 14 ans lorsque cette dernière est descendue au Square Khadafi à Plaine-Verte, juste avant de se rendre en classe. L’inconnue lui aurait dit que d’être en possession d’un téléphone portable alors qu’elle est mineure est « un délit grave » selon la loi et que si elle ne le lui remettait pas, elle la conduirait de force au poste de police de Piton pour être interrogée. Prise de panique, l’étudiante n’a eu nul autre choix que de remettre à l’arnaqueuse son argent de poche — une somme de Rs 50 — et son téléphone portable.
« Madam la dir mo tifi combien l’argent li ena et donne tout seki li ena sinon so famille pou bizin trouve Rs 5 000 pour tire li dans prison », relate Nassib Choolun, le père de la jeune fille. C’est en arrivant chez elle, dans l’après-midi, que la collégienne a raconté à son père dans les moindres détails ce qui lui était arrivé le matin. Paniquée, elle s’était exécutée. Selon le père de la victime, avant de la laisser partir, l’inconnue aurait exigé de la mineure qu’elle aille collecter une somme de Rs 5 000 auprès de ses camarades de classe pour la lui remettre dans l’après-midi, au même endroit.
Nassib Choolun explique qu’une fois arrivée à l’école, sa fille était allée voir la direction pour raconter sa mésaventure mais « on lui a dit qu’on ne pourrait rien faire car cela s’est passé en dehors de l’établissement scolaire ». Il est très remonté contre la direction de l’institution secondaire. La direction de cette école ne l’aurait pas averti du calvaire qu’avait subi la jeune fille, ce jour-là, entre les mains de l’inconnue. Pour obtenir des éclaircissements, la mère de l’adolescente s’est rendue le lendemain à l’école mais a eu « la même explication ». Le personnel de l’établissement lui aurait répondu ne pas pouvoir faire quoi que ce soit. « Nous sommes revoltés car la direction aurait au moins pu avertir la police. Nous considérons cette attitude comme irresponsable, d’autant plus que notre fille portait l’uniforme de l’école. Que se serait-il passé si l’inconnue était retournée et cette fois, en bande organisée, dans l’après-midi, après les heures de classes pour intimider notre enfant ? » s’interrogent les parents.
« Ma fille, raconte le père, est traumatisée depuis. Elle reste cloîtrée dans sa chambre. Elle ne veut pas retourner à l’école. Sa maman a dû s’absenter de son travail pour l’accompagner ces trois derniers jours ». Selon nos informations, une bande organisée sévissant à Pamplemousses serait derrière ces actes malveillants. Elle cible les collégiens une fois qu’ils rentrent dans l’autobus, à Pamplemousses, jusqu’à Port-Louis, avant de passer à l’action. Nassib Choolun ajoute qu’une étudiante fréquentant le même collège que sa fille, habitant à Mon-Goût, soit à deux kilomètres du village de Pamplemousses, a également fait les frais de ces arnaqueurs une semaine avant que sa fille consigne une déposition au poste de police de Plaine-Verte. La police a ouvert une enquête.
Le Mauricien a, en maintes occasions, essayé d’avoir la version de la direction de cet établissement scolaire, en vain, celle-ci étant restée injoignable.