Le Front Commun des Marchands Ambulants (FCMA) manifestera sa désapprobation contre les initiatives de la municipalité de Port-Louis concernant le relogement d’un millier de colporteurs travaillant dans la capitale. Lors d’une assemblée générale ce soir à Plaine-Verte, ses porte-parole indiqueront la marche à suivre pour contrer cette décision de la mairie.
Les marchands ambulants travaillant à Port-Louis, regroupés au sein de la Street Vendors Association, de l’Association des Marchands Ambulants du Nord (AMAN), de la Voice of Hawkers et la Hawkers Permit Association (HPA), toutes réunies pour former le Front Commun des Marchands Ambulants (FCMA), décideront de la marche à suivre ce soir lors d’une réunion à Plaine-Verte. Ils contestent principalement l’initiative de la municipalité de Port-Louis de les reloger en vue de remédier à l’ordre de la Cour suprême interdisant les marchands ambulants de la capitale d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du marché central. Concernant ce relogement, un comité interministériel présidé par Anil Bachoo, vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, a identifié deux sites alternatifs en vue de les accueillir et régulariser par la même leur situation. Un premier exercice d’Expression of Interest, effectué par la municipalité sous le mairat de Mahmade Khodabaccus, avait eu lieu en 2012. Peu après les municipales, laissant la place à Aslam Hossenally, le conseil a décidé de lancer un deuxième exercice d’Expression of Interest. Toutefois, parmi les critères d’éligibilité pour l’allocation des étals sur les sites de relogement, imposés par la nouvelle administration, la FCMA conteste vivement celui lié à la zone résidentielle. Dans le paragraphe 4 de la Notice, il est stipulé que « any person interested in having a stall should at least be a resident of the city of Port-Louis area ». Selon Hyder Raman, président de la SVA, ce critère imposé par la MPL est celui qui agace le plus les marchands ambulants. Le porte-parole du FCMA explique que les quatre associations reconnaissent quelque 1 300 « genuine hawkers ». Avec ce nouveau critère d’éligibilité, soutient-il, « la mairie offre aux personnes qui n’étaient pas reconnues en tant que marchand ambulant d’avoir un étal, sur l’un des deux sites créés et ne reconnaît malheureusement plus les marchands ambulants qui ont toujours travaillé dans la capitale autrefois, qui résidait dans la région de Port-Louis mais qui au fil des années se sont installés dans d’autres régions notamment à Terre-Rouge, Rose-Hill, entre autres ». Il estime d’ailleurs qu’environ 20 % des noms retenus ne sont pas « genuine ». Le FCMA soutient que ce critère est « discriminatoire ». Autre mesure contestée : l’imposition d’un shift system pour les personnes qui travailleront sur les sites de relogement. Cette décision, qui avait provoqué le walk-out des conseillers rouges et bleus lors d’une séance du conseil, a toutefois été maintenue par la MPL. « Elle ne profite pas aux marchands ambulants. Nous nous retrouvons prisonniers des décisions de la mairie alors que l’objectif principal de ces deux sites (ndlr : sur les sites Decaen à proximité de la Gare Victoria et Immigration Square — Gare du Nord) était de reloger avant tout les marchands ambulants, sur qui pesait l’ordre d’interdiction de la Cour suprême », explique Hyder Raman. Avec le tirage au sort la semaine dernière au Mauritius Turf Club en vue d’allouer les étals aux personnes ayant postulé lors de ce deuxième exercice, la colère gronde chez les marchands ambulants. « Nous ne comptons pas rester les bras croisés. C’est pour cela que nous nous réunissons ce soir afin de décider de la marche à suivre », martèlent-ils. « Nous comptons mettre les autorités compétentes en face de leurs responsabilités. Zot bizin tann nou lavwa. » Et de laisser entendre que le Front Commun est ouvert au dialogue avec toutes les parties concernées afin de trouver une solution « durable » au dossier des marchands ambulants de la capitale.
Interrogé à ce sujet, le lord-maire Aslam Hossenally dit « avoir tout fait dans les règles, la transparence et le dialogue ». Après l’exercice de tirage au sort, les noms des personnes ainsi que les tables qui sont à leurs dispositions sur les deux sites de relogement seront rendus publics après avoir été avalisés par le Conseil d’ici la semaine prochaine. « Nous accorderons un délai raisonnable pour que les bénéficiaires viennent présenter leurs documents à la MPL et pour la signature d’un contrat. » Rappelons que les marchands ambulants auront un moratoire jusqu’à janvier 2014, ils seront exempté de payer la location des étals. Pour la MPL, les procédures pour la concrétisation du relogement des colporteurs de la capitale est un vrai succès.
La réunion des marchands ambulants est pour sa part prévue ce soir à partir de 20 h 30.