« Le problème a assez duré ! ». Las de plaider leur cas auprès des autorités, les représentants de l’Eastern Federation of Pleasure Crafts Operators ont tenu une conférence de presse hier où ils ont demandé au ministre du Tourisme d’initier des actions contre les opérateurs qui ne respectent pas leurs bases d’opération, pratiquant, de surcroît, de la concurrence déloyale à leurs dépens. Ils demandent aux autorités d’effectuer un contrôle rigoureux des opérateurs de bateaux de plaisance dans le lagon avec l’aide de la National Coast Guard (NCG). Selon eux, plus de 70 % des plaisanciers opérant dans ces régions de l’Est proviennent d’autres points d’opération. Les porte-parole entendent aller vers une grève si le problème se poursuit.
« Nous avons tenu plusieurs conférences de presse dans le passé autour de ces problèmes. Les bases d’opération ne sont pas respectées du tout ! Que les opérateurs qui ne sont pas censés travailler chez nous aillent là où ils ont demandé leur permis », fustige Jacques Leclézio, de Trou d’Eau Douce. Selon lui, même l’amende contre cette infraction, qui s’élèverait à la modique somme de Rs 550 ne les dissuaderait pas. « Ils disent que ce n’est pas un problème. C’est même devenu, pour eux, un abonnement depuis une quinzaine d’années. Nous demandons que la loi soit mise en pratique et que justice soit faite ! » plaide-t-il.
Depuis la fin des années 90, Trou-d’Eau-Douce et l’île-aux-Cerfs ont été reconnus par le ministère du Tourisme comme des restricted zones, ce qui implique, selon la fédération, qu’« aucun nouveau pleasure crafts license ne sera émis pour ces deux endroits ». Les raisons de cette décision étaient qu’il existait trop de plaisanciers dans ces régions. Par ailleurs, le trafic était devenu dense avec des plaisanciers provenant de Mahébourg et du Chaland notamment. Vers 2005, selon la fédération, ces restrictions devaient s’étendre à Pointe-de-Flacq et Grande-Rivière-Sud-Est.
Pour Rishi Barosah, opérateur de bateau à Trou-d’Eau-Douce depuis 22 ans, « ce n’est guère logique qu’un opérateur de Belle-Mare ou de Palma vienne à Trou-d’Eau-Douce ». Darsan Rackoo, plaisancier de l’île-aux-Cerfs, demande que la loi soit renforcée et que « tout le monde travaille dans la légalité ». Aujourd’hui, selon les représentants de l’Eastern Federation of Pleasure Crafts Operators, plus de 70 % des plaisanciers opérant dans ces régions de l’Est proviennent d’autres points d’opération. De plus, dénoncent-ils, « ces opérateurs proposent des prix très bas, allant même jusqu’à proposer leurs services gratuitement, mettant en péril le gagne-pain des opérateurs de la région. Ceux-ci se trouvent ainsi en difficulté financière ».
Les représentants en appellent ainsi au ministère du Tourisme pour « non seulement initier des actions contre ces opérateurs illégaux mais aussi pour prendre en considération le problème des tours opérateurs qui recommandent leurs clients aux plaisanciers illégaux. Les tours opérateurs devraient s’assurer que ces plaisanciers ont leur permis avant de leur référer leurs clients ».
Autre « malhonnêteté » décriée : certains propriétaires de bateaux de plaisance qui transporteraient 200 clients au quotidien dans un seul bateau, « ne laissant aucun travail pour les autres ». Autre cas : « Certains qui vendent leur permis de plaisancier pour Trou-d’Eau-Douce et l’île-aux-Cerfs pour ensuite opérer dans d’autres régions. Nous demandons aux autorités de mettre un terme à ce type d’acte frauduleux ». Ce « trafic » de permis se ferait entre des non-résidents et des détenteurs de permis. Les premiers les achèteraient à des prix très « coûteux ». « La loi le dit clairement : “License is not transferable”. »
La fédération demande davantage de patrouilles de la part de la NCG à des heures de pointe. Elle souhaite par ailleurs que les permis soient suspendus en cas de contravention.