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Kripalloo Sunghoon de l’association des petits planteurs : « Que les planteurs soient autorisés à emmener des travailleurs dans les champs ! »

La situation des planteurs de légumes continue à empirer. Non seulement ont-ils des difficultés à écouler leurs récoltes mais ils sont tout aussi victimes de vols organisés dans leurs champs, causant ainsi une perte variant entre 30 et 100% des récoltes. La Small Planters’ Association se voit impuissante face à cette situation et demande au gouvernement de réagir dans l’intérêt des planteurs de légumes. Une des propositions qu’elle a faites c’est de laisser les planteurs emmener des travailleurs dans leurs champs pour la récolte. Ainsi, cela pourrait mettre fin aux vols organisés.

Kripalloo Sunghoon avance que les planteurs de légumes sont autorisés à se rendre dans leurs champs respectifs depuis vendredi, sauf qu’ils doivent y aller seuls. « Les autorités leur ont donné l’autorisation à se rendre dans leurs champs de légumes pour la récolte. Elles ont demandé aux planteurs de vendre les légumes de chez eux. C’est une situation difficile puisque les planteurs ne sont pas des revendeurs », soutient Kripalloo Sunghoon. Et de déplorer que le ministre de l’Agro-industrie ait annoncé que l’Agricultural Marketing Board (AMB) est en train de distribuer des légumes. « L’AMB ne distribue que des pommes de terre, des oignons et de l’ail. L’AMB n’achète rien des planteurs », dit-il. La Small Planters’ Association avait écrit une lettre au ministre de l’Agro-industrie pour proposer certaines mesures qui pourraient aider les planteurs ainsi que les consommateurs en cette période de crise. Mais, selon Kripalloo Sunghoon, le gouvernement n’a pas réagi à ce jour. « Nous avons même pris contact avec le CEO du FAREI et le Senior Chief Executive du ministère de l’Agro-industrie, mais aucune réaction.

La seule réponse que nous recevons à ce jour, c’est demander aux planteurs de vendre directement de leurs champs ou de chez eux. C’est impossible. D’une part, les champs se trouvent à des kilomètres des quartiers résidentiels et tous les consommateurs ne pourront s’y rendre. D’autre part, il est difficile pour les planteurs de ramener tous ces légumes chez eux pour la mise en vente. Par ailleurs, les consommateurs achèteront un minimum de six à sept variétés de légumes alors qu’un planteur ne cultive que trois variétés de légumes au maximum. Ceci dit, les consommateurs auront à aller chez plusieurs planteurs pour avoir les légumes dont ils ont besoin », soutient notre interlocuteur.

Ce que réclame la Small Planters’ Association c’est de laisser les planteurs emmener des travailleurs dans les champs pour les aider à récolter les légumes. Kripalloo Sunghoon fait ressortir que les planteurs sont confrontés à un autre problème grave : des voleurs de légumes. « Les planteurs font face à des vols organisés. Seuls dans leurs champs, ils ne peuvent rien face aux voleurs. Ils n’ont d’autre choix que de quitter les plantations et rentrer chez eux, ce qui laisse la voie libre aux voleurs. Si le planteur est accompagné de ces travailleurs, les voleurs ne pourront pas les intimider. Aujourd’hui, plus de 30% des légumes dans les champs sont volés. De plus, la situation continue à se détériorer de jour en jour. Certains planteurs ont même affirmé avoir tout perdu. Dans le nord, 2000 choux ont été volés d’un champ. Un autre planteur a été victime de vol de bringelles cultivés sous serre. Les voleurs s’en prennent aussi à des serres et volent des filets en sus des légumes. La situation est vraiment préoccupante et nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement ne réagit pas », déplore Kripalloo Sunghoon.

Le président de l’association des petits planteurs avance que le gouvernement a annoncé la réouverture des supermarchés et des boutiques pour bientôt. Alors pourquoi ne pas laisser les revendeurs des légumes reprendre leur commerce également. « Les planteurs ne peuvent compter sur les supermarchés car ils ont leurs propres fournisseurs. D’ailleurs, même les gros fournisseurs se plaignent de nos jours. Les boutiques ne pourront acheter en grande quantité des planteurs. Ni le Premier ministre, ni le ministre de l’Agro-industrie ne comprennent le problème actuel des planteurs.

À ce jour, aucune décision n’a été prise au sujet des planteurs. Je profite de l’occasion pour féliciter le ministre de la Pêche qui, lui, a eu une considération pour les pêcheurs pendant cette période de crise », indique-t-il.

Un autre problème auquel font face les planteurs, surtout ceux dont les champs sont en voie de développement, est l’inaccessibilité aux produits chimiques comme les pesticides et les insecticides ainsi que l’épuisement du stock des semences. « Les plantations dans les champs en voie de développement ont besoin de soin. Les planteurs doivent régulièrement appliquer des insecticides et des pesticides pour les protéger des maladies. Or, les produits chimiques ne sont pas disponibles sur le marché. Tous les commerces et revendeurs n’opèrent pas en ce moment et les planteurs ne peuvent s’en approvisionner. Idem pour les semences. Généralement, un planteur préserve 30% de leurs semences pour après. Mais, ils les ont déjà toutes utilisées et n’ont plus rien en stock. La Small Planters’ Association regrette d’annoncer que les prochaines semaines, voire mois, seront bien difficiles si cette situation devait perdurer. Nous demandons au gouvernement de réagir et de prendre en considération la situation des planteurs de légumes. Le confinement national a été étendu pour 15 jours encore », dit-il.

Qui plus est, l’association des petits planteurs n’a malheureusement pas de gros fonds pour venir en aide aux planteurs mais le gouvernement pourrait les aider financièrement, notamment à travers le Small Planters Welfare Fund (SPWF), en attendant que la situation retourne à la normale dans le pays.