Susciter les débats et la diffusion d’informations autour des sujets constituant des enjeux clé pour le pays, c’est l’objectif de la plateforme No to biometric data on ID card. Si cette plateforme a vu le jour dans le sillage du mouvement de contestation de la carte d’identité avec les données biométriques des citoyens, celle-ci va étendre les débats à d’autres thèmes qui sont des enjeux nationaux ou qui font l’actualité en ce moment, comme le projet CT Power. Une première rencontre s’est tenue samedi dernier dans la cour du Plaza, à Rose-Hill et la prochaine est prévue à Mahébourg.
Au sein de la plateforme, on privilégie le terme rencontre au lieu de meeting pour qualifier les manifestations qui, annonce Jeff Lingaya, le principal animateur, seront désormais ponctuelles. Il ne s’agit pas de mettre l’accent ou d’attirer les projecteurs sur un orateur en particulier mais d’offrir l’opportunité à tous ceux qui veulent s’exprimer de le faire, et cela dans un cadre où le partage et le respect des idées sont les maîtres mots, fait comprendre notre interlocuteur. « Des personnes qui jusqu’ici ont toujours eu peur de s’adresser en public ont eu l’opportunité de le faire et elles ont beaucoup apprécié cela », affirme Jeff Lingaya. Soulignant la caractéristique pédagogique de ces rencontres, Jeff Lingaya soutient qu’elles constituent également un moyen d’empower les jeunes à prendre le contrôle de leurs vies. L’objectif de ces rencontres est d’exposer toutes les informations nécessaires sur un sujet. « Ce n’est nullement notre intention d’imposer quoi que ce soit au citoyen, nous voulons tout simplement que ce dernier soit en présence de toutes les informations, au lieu d’obtenir un seul son de cloche, cela afin qu’il puisse faire son choix », explique Jeff Lingaya.
Ces rencontres de sensibilisation prennent ainsi la forme de forums débats où des personnes issues de différents milieux et professions et de tous les âges s’expriment et donnent leur opinion sur des sujets d’actualité, comme la carte d’identité biométrique. « Différentes personnes ont différentes manières et angles d’aborder un sujet », précise Jeff Lingaya qui avoue avoir obtenu l’autorisation des autorités seulement la veille de la date fixée, c’est à dire samedi dernier dans la cour de la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill. Malgré la pluie et le cour délai, la rencontre a attiré des participants composé essentiellement de jeunes. Durant la journée, des travailleurs sociaux ou syndicalistes s’y sont joints, à l’instar de Jack Bizlall du Mouvement 1er Mai, Veena Dolah de Rezistans ek Alternativ, Jocelyne Minerve, Eddy Sadien du Regroupman Travayer Social (RTS), Danielle Turner, Jayen Chellum, Nathalie Rose et Shimanda Mungur, entre autres.
Au cours de ces rencontres, l’occasion est donnée à des groupes de jeunes de faire montre de leur talents ou d’exprimer leurs idées de manière artistique et créative. Samedi dernier, une série de démonstrations et performances artistiques était au menu avec le groupe Exonese, originaire de Camp-Levieux et le groupe Shinobi de Plaisance, qui ont l’occasion d’évoluer devant le public dans la cour du Plaza.
Parallèlement aux actions sur le terrain, la plateforme communique beaucoup à travers les réseaux sociaux. « Il existe une synergie entre notre travail sur le terrain et notre action de communication sur Facebook », souligne Jeff Lingaya. Après Rose-Hill, la prochaine rencontre de la plateforme est prévue à Mahébourg.