Dans le cadre du scrutin du 10 décembre, la Platform Moris Lanvironnman (PML) propose aux partis politiques de relever huit défis pour promouvoir un développement durable pour Maurice. Ces défis sont la gestion de nos ressources en eaux, l’énergie électrique, le transport, l’accès à la terre, la sécurité alimentaire, les zones écologiquement sensibles, la gestion des déchets et l’aménagement du territoire.
Concernant nos ressources en eau, la Platform Moris Lanvironnman, qui regroupe une douzaine d’Ong et d’associations oeuvrant dans le domaine de la préservation de l’environnement et de la promotion du développement durable, affirme d’abord, dans un communiqué adressé aux partis politiques, que l’eau est un droit humain et que son approvisionnement adéquat, à un prix abordable, doit être garanti à la population. Elle estime que, malgré une baisse grandissante de la pluviométrie, celle-ci est suffisante pour garantir une alimentation de toute l’île 24/24h et 7/7 jours, « moyennant toutefois que les pertes sur le réseau soit rabaissées de 50% actuellement à 20% d’ici 10 ans, que des mesures énergiques pour une gestion efficiente de l’eau soient prises immédiatement et que les bassins hydrographiques soient protégés ».
La PML préconise une urgente refonte de la Central Water Authority (CWA) sous l’Utilities Regulatory Authority pour une meilleure gestion de l’eau, « d’autant que face à de nombreux échecs retentissants de la privatisation de l’eau, de nombreux pays et villes retournent à une gestion communautaire et solidaire de l’eau ».
Abordant le thème de l’énergie électrique, la PML soutient que l’objectif d’un minimum de 35% d’énergies renouvelables dans la fourniture électrique en 2025 doit être maintenu. Elle prévient cependant que cet objectif ne sera pas atteint si la consommation de charbon pour produire de l’électricité continue à augmenter. D’où son appel pour que CTPower ne soit pas autorisée à opérer et pour un programme de transition qui éliminerait graduellement le charbon et l’introduction du gaz naturel liquéfié (LNG) dans le mix énergétique.
La plateforme plaide, entre autres, pour des investissements dans un réseau intelligent (Smart Grid), l’annulation de la limite de 3 MW imposée par le CEB sur la production des Small Independent Power Producers (SIPP), l’autorisation aux particuliers de vendre de l’électricité entre eux, et une institution légalement forte pour promouvoir l’efficacité énergétique dans tous les secteurs. 
Dans le domaine du transport, la PML se pose des questions quant à la faisabilité du système de métro léger et sur son plan d’accompagnement. Elle y trouve de nombreuses zones d’ombre, tout en observant que notre secteur du transport actuel représente 50% de la consommation d’énergie fossile et est responsable en grande partie de pollution et de l’aggravation de notre déficit commercial. S’agissant de l’accès à la terre, le PML propose la création de villages intégrés, des prêts favorables ou des baux de 99 ans pour l’achat des terrains, ainsi qu’une politique de logement favorisant la mixité sociale. La plateforme suggère d’autre part une politique agricole, un programme de reboisement et une gestion stratégique du territoire afin de garantir une marge de sécurité alimentaire. « Qui dit culture, dit terres », commente-t-elle.
La PML propose également des mesures pour lutter contre la dégradation de nos plages et zones côtières, ainsi que contre l’expansion des zones bâties sur des zones écologiquement sensibles (marécages, flancs de montagne, embouchures de rivières, ilots) et le rétrécissement de l’accès public aux plages. Notamment, la limitation du High Water Mark à 45 mètres, et idéalement à 100 mètres, et la mise en place d’un Conservatoire du littoral pour récupérer les baux, non pas pour les donner à de nouveaux propriétaires, mais pour les restaurer et les préserver avant de les faire passer dans le domaine public.
En ce qui concerne les déchets, la PML préconise une gestion intégrée, selon les principes “pollueur-payeur” et des 3R (Réduire, Réutiliser et Recycler). De même, elle estime qu’un système de dépôt de tri sélectif doit être mis en place sur toute l’île. Concernant l’aménagement du territoire, la PML propose une révision de la National Developement Strategy ainsi que des “schemes” et “guidances” associés. Elle réclame finalement une harmonisation des politiques de sécurité alimentaire, d’énergie, de gestion des eaux, de l’activité industrielle, du cadre bâti et du transport terrestre pour la gestion durable des ressources terrestres de Maurice.
La PML regroupe les associations suivantes : Mission Verte, Mauritius Marine Conservation Society, Friends of Environment, EcoSud, REEF Conservation, Forever Blue, SOS Patrimoine en Péril, Free Art, Institute for Environment and Legal Studies, MRU2025, Plateforme AntiPollution, Action Civique Albion Plage, Forces Vives de Flic-en-Flac.