La reine Elizabeth II, Barack Obama, Theresa May… Les hommages se sont multipliés hier après l’annonce du décès de l’astrophysicien britannique Stephen Hawking.

L’astrophysicien britannique Stephen Hawking, devenu un « ambassadeur de la science » pour ses travaux sur l’Univers qu’il scrutait depuis son fauteuil roulant, est mort mercredi à l’âge de 76 ans, suscitant une pluie d’hommages rarement égalée pour un scientifique. De la reine Elizabeth II à Barack Obama, les réactions mon- traient le statut unique qu’il avait acquis. L’ancien prési- dent américain a souhaité à l’astrophysicien de « s’amuser parmi les étoiles ».

Chercheur reconnu notamment pour ses découvertes sur les trous noirs, Stephen Hawking était devenu une icône après la publication, en 1988, d’Une brève histoire du temps, un ouvrage de vulgarisation scientifique. La Nasa a salué un « ambassadeur de la science » dont « les théories ont déverrouillé un univers de possibilités ».

Son état de santé s’était detérioré depuis Noël, et il s’est éteint paisiblement dans les premières heures de mercredi à son domicile de Cambridge, au nord de Londres. Ses en- fants, Lucy, Robert et Tim ont dépeint « un grand scientifique », « un homme extraor- dinaire » et un « père adoré ». A Cambridge, le drapeau qui flotte au sommet de l’univer- sité où il a enseigné pendant plus de cinquante ans a été mis en berne. « Il a inspiré gé- nération après génération des individus qui se sont lancés dans les sciences », a déclaré à l’AFP Alan Fersht, directeur du Gonville and Caius College.

Plusieurs livres de condo- léances ont été mis à dispo- sition dans la chapelle du College et le public défilait tout au long de la journée pour laisser un mot. L’un de ses étudiants en docto- rat dans les années 90, Jus- tin Hayward, venu avec sa femme, a souligné le « grand sens de l’humour » de son an- cien professeur.

Même les Simpsons

Formidable vulgarisateur, Stephen Hawking « a réussi a communiquer l’émotion que la science procure », a déclaré à l’AFP un de ses collègues, l’astrophysicien Didier Que- loz. « Son cerveau marchait d’une manière remarquable, et quelque part c’était pour beaucoup de gens une sorte de victoire de l’esprit sur le phy- sique. »

Stephen Hawking avait défié les prédictions selon les- quelles il n’avait que quelques années à vivre après avoir développé très jeune, une maladie neurodégénérative paralysante, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot, diagnos- tiquée en 1964. La maladie l’avait progressivement privé de sa mobilité et confiné dans un fauteuil roulant, presque complètement paralysé et in- capable de parler sauf à travers son emblématique synthétiseur vocal.

La Première ministre britannique, Theresa May, a salué sur Twitter « un esprit brillant et extraordinaire, l’un des plus grands scientifiques de sa génération ». Les hommages se sont également multipliés dans la communauté scientifique mais aussi dans le milieu artistique et la société civile, démontrant à quel point Hawking avait su toucher les coeurs et les esprits.

Eddie Redmayne, oscarisé pour son rôle de Stephen Hawking dans le film Une merveilleuse histoire du temps, a salué « l’homme le plus drôle » qu’il ait rencontré. La superstar brésilienne de foot Neymar a lui diffusé sur les réseaux sociaux une citation de l’astrophysicien britannique proclamant : « Il faut avoir une attitude positive et tirer le meilleur de la situation dans laquelle on se trouve », accompagné d’une photo de lui-même en fauteuil roulant, après son opération au pied droit.

Apparu dans la série de science fiction Star-Trek, ou dans The Big Bang Theory, ayant même son personnage dans Les Simpsons, Stephen Hawking était aussi une icône de la pop culture, un héros de la communauté geek. Des enregistrements de sa voix digitale avaient été utilisés par les Pink Floyd dans leur chanson Keep Talking.

Son travail s’est concentré sur le rapprochement des théories de la relativité et des quantas pour tenter d’expliquer la création de l’Univers et son fonctionne- ment. En 1974, il était de- venu, à 32 ans, l’un des plus jeunes membres de la Royal Society, la plus prestigieuse institution scientifique du Royaume-Uni.

En 1979, Hawking avait été nommé titulaire de la chaire lucasienne de mathématiques, une position honorifique qu’avait égale- ment occupée Isaac Newton à l’université de Cambridge. Après un premier diplôme à Oxford, il avait rejoint Cam- bridge afin d’étudier l’astro- nomie théorique et la cosmo- logie. Dans son corps distor- du par la maladie résidait un esprit extrêmement brillant, fasciné par l’essence de l’Univers, par son processus de formation et par la ma- nière dont il pourrait finir. « Mon objectif est simple », a-t-il dit. « C’est la compré- hension totale de l’Univers », « comprendre pourquoi il est comme il est et pourquoi il existe ».