« Tout ce qui appartient à la nature doit revenir à la nature. » C’est la maxime d’Alix Merven qui a remporté en décembre dernier les concours Le plus beau jardin de l’île Maurice et Jardin écologique, sponsorisé par la MCB en partenariat avec le Rotary Club de Port-Louis. Une récompense amplement méritée et surtout, confirmée lorsqu’on fait une visite guidée de ce jardin situé à Noëlville à Curepipe. Un petit havre de paix qu’Alix Merven appelle son jardin promenade…
Les yeux bleu azur d’Alix Merven s’émerveillent sur chaque coin et recoin de son splendide jardin. Dès qu’on franchit le portail, on est conquis par la verdure, le nombre impressionnant de plantes et de fleurs, et ces petits détails qui ne laissent pas insensibles.
Un nain de jardin s’allongeant paresseusement, une botte des sept lieues, des coccinelles… On se croirait presque dans Alice au Pays des Merveilles. Sauf qu’ici, Alix… en a fait son wondergarden. Ce que privilégie cette mère de quatre enfants, c’est le côté écolo et bio.
« When heaven falls to earth, it becomes a garden », peut-on lire sur un écriteau. Pour qu’un jardin donne cet effet, explique Alix Merven, il faut qu’il soit esthétique avec beaucoup de couleurs, comme la toile d’un peintre.
La Curepipienne raconte avoir appris à ses dix petits-enfants à se familiariser avec les plantes, les fleurs et les fougères dès leur jeune âge. « Ils me taquinent souvent en disant “Grand-mère, où est ta fougère didimoclaena truncatula ?” Outre les fougères, j’ai des feuillages en forme d’oreilles d’âne… »
Poursuivant la visite, la gagnante des concours Le plus beau jardin de l’île Maurice et Jardin écologique nous montre des topinambours aussi connus comme le rutabaga. « Après la guerre en Europe, c’était l’aliment qui se consommait le plus. On l’utilise dans les sauces blanches. C’est un féculent très rare et très cher… », explique Alix Merven.
Montrant un goyavier, Alix Merven nous dira qu’à lui seul « il peut me rapporter plus d’une centaine de fruits ». Les feuilles de Canna, poursuit-elle, ont un petit goût de patate. « On peut même les utiliser pour faire
de la purée ou de la confiture. »
Dans son jardin promenade, Alix Merven a transformé un petit coin en zone « alicament ». L’on y trouve ainsi des brèdes, du céleri, entre autres. Potagère, herbacée ou feuillue, chacune des plantes de cet espace offre un remède contre certains maux. Parmi : l’ortosiphon, qui consommé en tisane, aide à apaiser les problèmes de foie. « Un jardin doit avant tout comporter une biodiversité. J’ai même des compagnons plants et des plantes qui se protègent entre elles. »
Des éclats de rire composent par ailleurs les journées d’Alix Merven qui aime apporter de la joie autour d’elle. Faisant partie d’un groupe de réflexion dans les années 70, elle se remémore qu’à l’époque « c’était le chômage et avec les autres femmes, nous avons essayé de meubler nos journées en faisant du crochet ». « C’était alors la mode des bikinis en crochet. J’enseignais aussi la catéchèse au lycée. Je me suis ensuite intéressée à tout ce qui touche à la spiritualité. »