La commémoration de l’Armistice à Maurice demain prendra une nouvelle dimension car elle marquera le centenaire de la fin de la Grande Guerre et de l’armistice le 11 novembre 1918.

Plusieurs cérémonies sont prévues à cette occasion : dépôt de gerbes au cimetière de Phoenix à l’initiative de la haute commission britannique le matin, suivi de la traditionnelle messe officielle en l’église anglicane de Saint-Clément à Curepipe et de la cérémonie de dépôt de gerbes par les dignitaires du pays devant le Monument aux morts, qui a été inauguré le 15 avril 1922. Exceptionnellement cette année, alors que le “Last Post” sera joué par la fanfare policière et qu’une minute de silence sera observée devant le monument, toutes les cloches de toutes les églises de l’île sonneront à 11h précises en mémoire des disparus des deux guerres mondiales.

Tous les enfants de la ville de Curepipe et des environs ont coutume de se précipiter chaque année devant le Collège Royal à l’occasion de l’Armistice pour admirer la parade de la force policière et voir défiler les personnalités devant le Monument aux morts. Combien toutefois savent que cette cérémonie est aussi importante que la célébration de l’abolition de l’esclavage le 1er février et l’arrivée des premiers travailleurs engagés devant les marches de l’Aapravasi Ghat dans le port ? Elle permet de rappeler à tout un chacun que Maurice doit jouer son rôle dans la préservation de la paix dans le monde.

Loin d’être une cérémonie pour saluer une victoire militaire, cette commémoration permet d’avoir une pensée spéciale pour toutes les victimes et de prendre conscience de l’atrocité qu’est la guerre. La Première Guerre mondiale avait fait quelque 18,6 millions de morts alors que la Deuxième Guerre en avait fait près de 60 millions. « Les commémorations ne sont pas une nostalgie, elles sont un rappel des épreuves traversées par les peuples.

Elles sont les leçons de l’histoire. Elles sont des appels à l’union, au rassemblement, à la mobilisation face à d’autres enjeux, d’autres menaces, d’autres défis. Les commémorations viennent donner du sens au monde d’aujourd’hui », rappelle l’ex-président français François Hollande.

Ces deux guerres ont vu la participation des Mauriciens d’une manière ou d’une autre. S’en souvenir relève d’un devoir de mémoire. Selon l’écrivain Jacques Dumora, qui a consacré un livre à la contribution des Mauriciens à la Grande Guerre, 3 550 de nos compatriotes y ont participé. L’ambassadeur de France à Maurice, Emmanuel Cohet, a rendu un vibrant hommage à ces volontaires mauriciens à l’occasion du lancement de livre Les Mauriciens dans la Grande Guerre, qui a été présenté comme une contribution de la France à l’histoire nationale de l’île Maurice alors que celle-ci fête cette année le cinquantenaire de son indépendance. « La commémoration du Centenaire de la Grande Guerre, entamée depuis quatre ans, a permis de redonner à chacun sa place dans cette histoire mondiale en n’écartant aucun homme, aucun pays, en dévoilant des documents oubliés, déclassifiés ou auparavant occultés. C’est aussi le rappel d’une histoire que nous avons en partage, tant les Mauriciens que les représentants des pays alors belligérants; c’est aussi le temps d’entendre toutes les mémoires familiales et nationales. »

La journée de demain donc sera l’occasion d’avoir une pensée spéciale pour toutes les victimes dans le monde, que ce soit en Syrie, au Yémen, en Afrique ou ailleurs. Chaque guerre apporte son lot de détresse, de famines, de réfugiés, d’enlèvements d’enfants, de femmes martyrisées et violées. Ce sera donc l’occasion également de prier pour la paix dans le monde. C’est la raison pour laquelle tant la messe célébrée à Curepipe dimanche matin que la cérémonie religieuse à la cathédrale Saint-Louis dans l’après-midi sont placées sous le signe de la paix. Plus jamais la guerre !