Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a refusé de commenter publiquement la controverse des dépenses encourues par la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, à la fin de 2016 et liées au Planet Earth Institute d’Alvaro Sobrinho. C’était en fin de matinée après la réception organisée par la présidente de la République à l’intention des lauréats lors des derniers examens de Higher School Certificate. Depuis hier, les conjectures politiques s’articulent autour de la réaction du chef du gouvernement devant la publication par l’express des détails des Bank Statements d’Ameenah Gurib-Fakim.

« Mo ine koz ar la prezidant de la Repiblik kouma tou le zedi. Nous avons parlé de tout. Ou pa atann mwa vin dir zot saki mo inn koz ar li. Mo dan State House pou bann lorea. Mo pa pou koz lor lot zafer », s’est appesanti le Premier ministre face aux questions des journalistes sur cette question d’actualité. Toutefois, l’entourage du Premier ministre ne cesse depuis hier de faire l’écho de l’agacement de Pravind Jugnauth devant ce nouveau scandale à la tête de l’État.

Ceux qui disent être dans les secrets des dieux au Prime Minister’s Office tentent d’accréditer la thèse que le principal concerné aurait laissé entendre « pa fini aret fou larmerdman ». Ces mêmes sources devaient se mettre à spéculer sur le Timing d’un déménagement présidentiel à la veille du 50e anniversaire de l’indépendance tout en concédant que la prise de position du Deputy Prime Minister et leader du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, devra être tenue en ligne de compte dans la conjoncture politique. Ce dernier a également refusé de se laisser emporter par cette affaire affectant la présidente de la République.

Toujours en ce qui concerne les affaires de la présidente de la République, le chef de file du Labour à l’Assemblée nationale, Shakeel Mohamed, a déposé à la mi-journée une motion de blâme contre Ameenah Gurib-Fakim. Le libellé de la motion au secrétariat de l’Assemblée nationale se lit comme suit : « That this House has no confidence in Her Excellency, the President of the Republic, Mrs Ameenah Gurib-Fakim ».

Commentant sa démarche, Shakeel Mohamed soutient que « le Premier ministre a le choix de demander à la présidente de la République de soumettre sa démission ou encore d’instituer un tribunal constitutionnel pour enquêter sur les Acts and Doings de la présidente. Il peut proposer une motion en ce sens à l’Assemblée nationale et nous allons soutenir cette initiative. La question reste Can Pravind Jugnauth lead or can’t he ? »

D’autre part, la réception de ce matin à la State House pour fêter les lauréats ne s’est à aucun moment départie de son caractère officiel. Le Premier ministre et la ministre de l’Education, Leela Devi Dookun, sont arrivés un peu avant 11 heures. La présidente de la République s’est pointée à 11 heures pile. Elle a pris place entre le Premier ministre et la ministre de l’Éducation. Chacun a prononcé son discours sans que personne ne s’adresse la parole. Par la suite, la présidente de la République a été la seule personnalité à remettre les trophées aux 26 lauréats ou à leurs représentants. La cérémonie a été suivie de la traditionnelle photo en compagnie de tous les lauréats. Le Premier ministre et la présidente sont ensuite partis chacun de leur côté. Cette dernière, qui avait indiqué plus tôt à la presse qu’elle ne comptait pas lui faire de déclaration, a très vite regagné son bureau.