Même si on a été témoin ces dernières années, dans le sillage de l’implantation de nouveaux centres commerciaux, de la croissance de certaines activités basées sur le concept de franchise, cette stratégie de développement d’entreprise n’a pas encore été totalement exploitée par les entrepreneurs locaux. C’est ce qu’ont fait ressortir, ce matin, les intervenants, dont le ministre de l’Industrie et du Commerce Cader Sayed-Hossen, à l’ouverture d’un atelier de formation de cinq jours au Domaine Les Pailles. L’organisation de cet atelier, qui réunit quelque 75 participants, revient conjointement au cabinet sud-africain Moyanga, Louw & Associates et à l’antenne Empretec Mauritius avec le parrainage de la Banque africaine de Développement et du gouvernement japonais.
Maurice est le 12e et dernier pays à accueillir cette session de développement des capacités des entrepreneurs locaux axée sur un thème précis : la franchise en tant que stratégie de développement des affaires pour les petits et moyens entrepreneurs. Outre les perspectives de développement des différents concepts de franchise à Maurice, les participants seront initiés aux approches à adopter pour lancer une franchise, notamment au niveau des opérations, du marketing, du financement et de la gestion en général. Les aspects légaux portant entre autres sur les droits de propriété intellectuelle, les copyrights et les accords d’exploitation d’une marque seront également traités lors de cet atelier.
La franchise est un concept qui a fait ses preuves et peut aider les entrepreneurs en herbe et ceux opérant déjà une entreprise dans la recherche de solution aux problèmes affectant leurs activités existantes voire à démarrer une nouvelle activité. « Malgré tout le soutien qu’on peut lui offrir, l’entreprise ne va pas s’épanouir si l’entrepreneur n’est pas prêt à prendre des risques et à venir de l’avant avec des idées novatrices », affirme Cader Sayed-Hossen.
Situant la contribution des PME à l’économie mauricienne, le ministre a indiqué que ce secteur représente aujourd’hui 37 % du produit intérieur brut du Pays, 54 % des emplois totaux et une production évaluée à Rs 120 milliards. Certes, le secteur a connu une expansion, mais son développement est contenu par un manque de ressources de main-d’oeuvre qualifiée et d’espace industriel, une base technologique plutôt faible, des problèmes de gestion, des barrières administratives et des difficultés d’accès aux finances. Mais les autorités, ajoute Cader Sayed-Hossen, ont introduit une panoplie de mesures de soutien au secteur des PME depuis 2005. Le ministre a élaboré sur ces mesures dont le SME Partnership Fund, le Leasing Equipment and Modernisation Scheme, le Mauritius Business Growth Scheme, l’introduction de la Business Facilitation Act pour justement faciliter le démarrage des PME. Il est revenu sur l’ensemble des mesures contenues dans le Budget 2012 en faveur du secteur, dont celles portant sur l’accès aux finances, la construction de nouvelles unités industrielles, le soutien financier pour la restructuration de la dette et l’assistance pour les activités promotionnelles à l’étranger. « Nous sommes confiants que ces mesures contribueront à alléger les coûts financiers tout en renforçant la compétitivité des PME », dit-il.
Cader Sayed-Hossen ainsi que le consultant en franchise de la BAD, Peter Moyanga, et le Chief Executive d’Empretec Mauritius, ont parlé des aspects favorables du concept de franchise. M. Moyanga dit avoir constaté que le concept gagne en importance à Maurice mais a estimé que les entrepreneurs locaux se doivent de développer une certaine expertise dans le domaine. L’atelier de travail vise à sensibiliser les entrepreneurs mauriciens et à les aider à développer leurs capacités et les meilleures pratiques à cet effet.